L’informatique quantique : une cyber révolution ?

Gartner a dernièrement publié la liste des dix technologies stratégiques de l’année 2019 où l’informatique quantique occupe la dernière place. Cette technologie marquerait une disruption certaine dans le monde du numérique, d’où l’intérêt de s’y intéresser de plus près.

 

Une technologie à la puissance inégalable

C’est à la fin du XIXème que la physique quantique fut son apparition grâce à un physicien allemand dénommé Max Planck. Puis, ce n’est qu’en 1982 que la physique quantique a été appliquée à l’informatique grâce au physicien américain Richard Freynam qui a imaginé le tout premier ordinateur quantique.

L’ordinateur classique que nous utilisons aujourd’hui stock, traite l’information et la transforme. L’information traitée est alors codée en binaire, avec des bits qui sont soit des 0, soit des 1.

Quant à l’ordinateur quantique, il se base sur les lois de la physique quantique : au lieu d’utiliser des bits qui ne peuvent prendre comme valeur que 0 ou 1, l’ordinateur quantique utilise des bits quantiques, ou qubits. Contrairement aux bits, ils peuvent être simultanément dans plusieurs états à la fois, il s’agit de la superposition qui est un pilier de la physique quantique.

En utilisant les qubits, l’ordinateur quantique a une puissance de calcul considérable, ce qui lui permet de résoudre des problèmes hautement complexes dans un temps limitée.

 

Un potentiel bouleversement pour certains secteurs

L’informatique quantique a l’avantage de démultiplier les performances de calcul existantes, ce qui pourrait profiter à de nombreux secteurs, à titre d’exemples :

  • La santé : L’informatique quantique permettrait de résoudre les problèmes d’optimisation et de trouver de meilleurs traitements thérapeutiques. D’ailleurs, l’entreprise D-Wave a développé une application d’optimisation de radiothérapie qui consiste à réduire l’exposition des patients aux rayons X tout en augmentant leur efficacité, chose que ne peuvent faire les ordinateurs classiques incapables de prendre en compte plusieurs variables simultanément.

 

  • L’intelligence artificielle : Les performances de l’informatique quantique ont tout intérêt à être mises au profit de l’IA. En effet, l’utilisation du Big Data par les ordinateurs quantiques serait considérablement améliorée car plus les capacités de calcul sont élevées, plus le traitement d’information est efficace. Cela peut prédire un bond en avant de la reconnaissance faciale par exemple.

 

  • La sécurité informatique : Les ordinateurs quantiques sont capables de briser les systèmes de chiffrement asymétriques actuels à la base de notre sécurité internet, ce qui constitue une réelle menace pour notre cybersécurité. De la sorte, nos données pourraient aisément être dérobées par une entité possédant cette technologie. Pour contrer à cette menace, une nouvelle branche de la cryptographie se développe : la cryptographie post-quantique.

 

Pour terminer, Kevin Curran, chercheur en cybersécurité s’accorde à dire que : « L’informatique quantique sera définitivement appliquée partout où nous utilisons le machine learning (l’apprentissage automatique), l’informatique en nuage et l’analyse de données. »

 

À quand cette disruption technologique ?

L’informatique quantique a encore beaucoup de chemin à faire afin de pouvoir être pleinement exploitable, elle n’en est encore qu’à sa phase expérimentale. En effet, Les qubits sont instables, une simple variation de leur environnement peut stopper leur état de superposition. C’est pourquoi, un ordinateur quantique a besoin d’être refroidi à une température proche du zéro absolu (-273,15°C).

De nombreux industriels comme Google, IBM ou Microsoft s’emploient actuellement à se procurer cette technologie révolutionnaire. Dernièrement, trois instituts de recherche grenoblois ont été récompensés par le Conseil européen de la recherche. Ils ont remporté la somme de 14 millions d’euros pour mettre au point un ordinateur quantique de 100 qubits, une puissance de calcul encore jamais atteinte.

L’informatique quantique est donc peu comprise, difficilement accessible mais hautement convoitée.

 

A propos de Sonia SEKKOUR

Étudiante en Master 2 Droit de l'économie numérique. Sensible à la protection des données personnelles, la cybersécurité et plus globalement aux enjeux que revêt la transformation numérique sur notre société.

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