Les GAFA innovent-ils vraiment ?

Alors qu’Amazon, Facebook, et Google suivent Apple dans la course aux 1000 milliards de dollars de capitalisation boursière, les GAFA sont de plus en plus contestées comme en atteste la dernière condamnation de la firme de Mountain View par la Commission  européenne en juillet 2018. Une sanction justifiée par le préjudice à l’innovation qu’a engendrée Google, ce qui soulève la question suivante : les GAFA innovent-ils vraiment ?

 

Les GAFA sont des ovnis dans l’histoire du capitalisme. Avant eux, aucune entreprise n’avait réussi à atteindre une telle puissance financière en l’espace de 20 à 30 ans. Cumulée, leur capitalisation atteignait le 31 août les 3349 milliards de dollars. Un montant qui représentent 41% de capitalisation boursière totale du NASDAQ. Autre marqueur économique fort, la trésorerie de ces GAFA (400 milliards en 2017) qui équivaut au PIB de pays tel que l’Autriche ou la Norvège. De quoi convaincre certains Etats comme le Danemark de nommer des ambassadeurs auprès des GAFA.

Ce succès des mastodontes de la Tech ne s’arrête pas seulement à leur envergure financière. En matière d’adoption, les chiffres sont là encore vertigineux. Le cas le plus frappant est certainement Facebook, qui en l’espace de 15 ans a atteint les 2 milliards  d’utilisateurs en juin 2017. Un succès presque évangéliste si l’on compare le nombre d’adeptes des principales religions monothéistes.

La réussite foudroyante de ces entreprises s’appuie sur une logique simple : le développement d’un produit de référence immédiatement reconnu comme une innovation de rupture en son temps. Pour Apple, il s’agit de son premier iPhone commercialisé en 2007. Parfait alliage entre ordinateur, téléphone, appareil photo et iPod, sa commercialisation a amorcé le développement de générations de smartphones toujours plus indispensables pour leurs utilisateurs. Depuis, le smartphone est devenu l’objet du 21ème siècle en succédant à la voiture, un incontournable du siècle précédent.

Néanmoins, il est aujourd’hui difficile d’identifier quelles nouvelles innovations majeures les GAFA ont réussi à mettre en œuvre à partir de leur propre centre de recherche. En effet, chacun d’entre eux consacre régulièrement  plusieurs milliards de dollars en croissance externe par l’achat d’entreprises à fort potentiel. Le but : diversifier leur activité ou améliorer leur système actuel en intégrant l’innovation incrémentale de ces sociétés. En rachetant YouTube ou encore Android, Google est un parfait exemple de ce type de stratégie. Même cas de figure pour Facebook lors du rachat d’Instagram ou de Whatsapp.

Face à cette stratégie de croissance, difficile d’envisager  l’émergence de nouveaux géants de la Tech. En effet, ces investissements empêchent tout concurrents désirants connaître le même destin qu’un GAFA d’exister. Une situation susceptible de créer sur le long terme un monopole intouchable, d’où la récente condamnation de Google par la Commission européenne pour abus de position dominante. Une sanction justifiée par la position dominante de son système d’exploitation qui servait à asseoir l’hégémonie de son moteur de recherche. Dès lors, il est légitime de penser qu’au lieu d’être considéré comme des entreprises innovantes, les GAFA représentent de réels freins à la croissance de l’économie numérique.

A propos de Pierre VEYRET

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