L’association blockchain – cloud computing enfante la “Blockchain as a service” avec Baidu

 

Baidu, le géant du numérique souvent connu pour son moteur de recherche éponyme, a annoncé le 12 janvier dernier le lancement d’une plateforme de « Blockchain as a service » (BAAS).

Il s’agit en substance d’une architecture de blockchain développée en interne par Baidu en vue de la commercialiser à des professionnels tiers (B2B).

L’entreprise concurrence ici directement la plateforme TrustSQL de son compatriote Tencent.

D’après Baidu, le service qui serait « déjà appliqué dans des entreprises pour des tâches de titrisation et d’échange d’actifs » se veut personnalisable en fonction du besoin du client.

Cette actualité nous permet d’analyser les opportunités et limites de cette association à l’intersection entre les technologies Blockchain et cloud Computing.

 

Blockchain

D’après de récents rapports d’analyse de grands cabinets (ZDNet, PwC et Gartner) la blockchain fait partie des innovations majeures actuelles, tout comme l’IA, l’internet des objets, l’économie collaborative, etc.

La blockchain peut être définie comme un registre distribué, décentralisé et sécurisé dans lequel sont enregistrées des transactions sur des informations de toute sorte (contrats, titres de propriété, œuvres d’art…) concernant ses utilisateurs, et ce, depuis sa création. Il s’agit en fait ni plus ni moins qu’un code informatique (certes complexe).

La première blockchain à avoir été développée est la blockchain Bitcoin. Depuis, la technologie blockchain sous-tend le fonctionnement de la plupart des crypto-monnaies (ou monnaies virtuelles), ce qui explique largement l’association voire l’amalgame entre blockchain et bitcoin/crypto.

Il faut bien comprendre que Baidu mise ici sur la blockchain en tant que socle technologique aux applications diverses, principalement liées à la Fintech, mais dépassant la seule émission de devises digitales ( exemples : « factures numériques, gestion de crédit bancaire, gestion des assurances et audit financier »).

 

As a service 

L’expression « as a service », qu’on rencontre plus fréquemment avec le « Software as a service » ou l’ « Infrastructure as a service » renvoie directement à une offre en cloud computing.

« Dans le cloud, une ressource informatique est accessible en self-service, à la demande et, parfois, facturée à l’usage. Les services cloud existent depuis une dizaine d’années sous différentes formes, selon la ressource concernée » (source : Syntec numérique 2017).

Il s’agit finalement de mandater un tiers qualifié (ou sous-traitant) pour la mise à disposition d’une ressource (base de données, logiciel, etc.) qu’il gère et administre (avec plus ou moins d’opacité).

Dans son livre blanc, le Syntec numérique rappelle que le développement du cloud computing « se heurte encore souvent à une défiance liée aux enjeux de sécurité et de souveraineté des données ».

Dans le cas d’usage de la « blockchain as a service », cette défiance peut s’avérer d’autant plus légitime que les propriétés principales de la blockchain sont la décentralisation, la désintermédiation, et par là la gouvernance communautaire du système.

On peut donc se poser la question de savoir si la technologie blockchain n’est pas en soi inadéquate voir opposée avec le cloud computing, dans la mesure où la société qui délivre ce service en cloud computing reste détentrice d’un pouvoir certain sur la blockchain.

De là, un certain nombre de questions affluent. Quel sera le pouvoir résiduel des utilisateurs sur la blockchain ? Où et comment sera t-elle stockée ?

 

Opportunités de la « BAAS »

Le caractère disruptif de la technologie blockchain est unanimement reconnu par les experts du domaine.

Les opportunités qu’offrent les services cloud aux technologies et a fortiori à la blockchain (qui ne fait pas exception) sont grandes.

Le cloud computing facilite en effet le déploiement des applicatifs blockchain pour les entreprises n’ayant pas les ressources/compétences nécessaires à leur développement en interne.

Ainsi, la proposition de ce type de services prêts à l’emploi et à la demande – comme la BAAS de Baidu – accélère et favorise le recours par les acteurs du marché à des solutions innovantes.

 

Analyse stratégique de cette diversification de Baidu

Baidu est le premier moteur de recherche avec 73 % des requêtes en Chine.

Fort de son expertise dans le domaine des technologies de l’information et des ressources dont il dispose (en infrastructures de stockage, systèmes d’information, logiciels, brevets, mais aussi en cerveaux), le géant (et plus généralement les BATX et GAFAM) saisit ici l’opportunité qui est sienne de développer un service bénéficiant d’effets de synergie avec ses autres domaines d’activités stratégiques.

Cela explique également pourquoi Baidu investit dans la recherche & développement en intelligence artificielle.

La force compétitive de Baidu dans le secteur et le fort attrait du marché (croissance élevée) sont autant de raisons qui peuvent motiver l’entreprise à développer ce type d’offre. Si les investissements nécessaires sont certes couteux, Baidu peut compter sur la rentabilité des activités qui constituent son coeur de métier (dont son moteur de recherche) pour les financer.

A propos de Martin REBOULLEAU

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