Les Civic Tech : Une mise à niveau du système politique français à l’ère du numérique ?

Après un taux d’abstention record de 26% aux élections présidentielles de 2017, la prospérité d’une démocratie dans laquelle une partie de ses citoyens ressent de la défiance envers ses représentants peut sembler illusoire. Cette anxiété citoyenne collective tend à fragiliser le système politique français actuel, au point de devoir reconsidérer la manière de concevoir la politique. Ainsi, un des enjeux majeurs de la démocratie contemporaine repose sur le renouement du lien entre les citoyens et les représentants. Pour atteindre cet idéal, et pour accompagner le passage d’une démocratie représentative à une démocratie plus participative, plusieurs initiatives ont vu le jour. L’une d’elles est la “Civic Tech“.

Le contexte de la Civic Tech

La “Civic Tech” (ou technologie civique) est un concept d’origine américaine qui se développe en France depuis plus d’une dizaine d’année. Forte d’une dénomination à la réputation grandissante, elle consiste au regroupement de toutes les technologies et de tous les outils visant à améliorer le système politique, en permettant aux citoyens de s’impliquer davantage dans les décisions publiques. Cet engagement citoyen s’est notamment démultiplié grâce au réseau internet qui a permis de toucher une population plus large, plus rapidement et à moindre coût. Avec cela, l’interaction sociale, fer de lance du web 2.0, fait émerger une « Intelligence collective » pouvant replacer les citoyens sur le devant de la scène politique.

Un secteur d’avenir à l’ère du numérique

Dans un rapport de la Fondation Knight datant de 2013, la Civic Tech est caractérisée comme un secteur « à la croisée de la technologie, de  l’innovation, d’un gouvernement ouvert et de l’engagement du citoyen ». Ainsi, pour permettre aux citoyens de s’investir dans la vie politique, il est d’une part, primordial de développer des outils technologiques (sites internet, applications mobiles) sur lesquelles les citoyens pourront exprimer leurs avis. Et d’autre part, il est nécessaire que les institutions mettent en place des initiatives gouvernementales pour ouvrir les données publiques (Open Data) et permettre davantage de transparence et d’accessibilité afin de rétablir la confiance entre les citoyens et le gouvernement.

 

 

 

 

 

 

Source : Les logiques et principes des acteurs de la CivicTech / ARMEL LE COZ – CYRIL LAGE/ Démocratie Ouverte

Les acteurs de la Civic Tech

Le secteur de la Civic Tech est un marché en forte croissance qui intéresse de plus en plus d’entreprises et d’associations. En effet, d’après la plateforme européenne de mobilisation citoyenne Make.org, il “offre des opportunités que recherchent de nombreux investisseurs : participer à davantage de projets dotés d’un impact social majeur au travers de modèles économiques pérennes“.  De même, elle qualifie la Civic Tech comme un regroupement de “toutes les entreprises et associations qui cherchent à susciter de l’engagement citoyen pour agir positivement sur la société, à travers des outils numériques”. La cartographie ci-dessous date de 2016 et provient du Ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique. Elle regroupe d’une manière non exhaustive certaines initiatives ou technologiques qui représentent le secteur de la Civic Tech en France :

La Civic Tech et la BlockChain

La BlockChain est la technologie sous-jacente du Bitcoin. Elle peut être définie comme une base de données distribuée qui assure l’authenticité et la traçabilité grâce à un registre permanent et infalsifiable des données transactionnelles. Ainsi, cette technologie révolutionnaire pourrait contribuer à la Civic Tech.

Par exemple, en permettant de mettre en place des votes sécurisés sur internet. Le fait de garantir l’authenticité du vote des électeurs et de leur identité d’une façon décentralisée servirait à remplacer le système actuel qui repose sur des agents indépendants pour le contingentement des votes. Ainsi, la blockchain en concomitance avec les technologies civiques existantes pourrait redonner confiance aux citoyens, améliorer l’efficacité des représentants gouvernementaux et ainsi favoriser la démocratie participative.

A propos de Loïc FEISTHAUER

Étudiant en Master 2 Commerce Électronique au sein de la Faculté de droit, de sciences politiques et de gestion de Strasbourg, je suis passionné par les nouvelles technologies, les objets connectés et l'utilisation du webmarketing. Je souhaiterais m'orienter vers les métiers de Content manager ou Community manager.

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