Comment les Youtubeurs gagnent-ils leur vie ?

Passion il y a dix ans, Youtube est aujourd’hui un véritable métier pour les personnes qui s’y consacrent totalement. Des vidéos beauté aux vidéos gaming, en passant par les revues scientifiques, les podcasts humoristiques et vidéos d’entrainements sportifs, une grande partie des éditeurs de contenus sur Youtube arrive à vivre de cette activité. Il est en revanche plus difficile de savoir comment ces personnes arrivent aujourd’hui à vivre de leurs vidéos. Quels sont donc les moyens pour les Youtubeurs de gagner (souvent très convenablement) leur vie ?

LA MONETISATION DES VIDEOS

Ce n’est pas un secret : les vidéos sur Youtube peuvent être monétisées. De nombreux Youtubeurs comme Le Rire Jaune, ont d’ailleurs fait des vidéos à ce sujet, expliquant que la règle de base de la monétisation n’était absolument pas celle de 1000 vues pour un euro. En réalité, les vidéos monétisées le sont à hauteur d’un dollar pour 1000 vues (rappelons qu’un dollar vaut actuellement environ 85 centimes d’euros).

Encore faut-il, bien sûr, que la monétisation des vidéos soit activée, ce qui n’est pas systématique. En effet, afin de pouvoir accéder à la monétisation des vidéos, le propriétaire de la chaîne Youtube devra avoir dépassé les 10 000 vues, et être propriétaire des droits sur tout le contenu de sa vidéo. Ainsi, s’il utilise par exemple une chanson non libre de droits, sa vidéo pourra être bloquée directement par Youtube, ou alors rémunérer directement le propriétaire des droits d’auteur de la chanson en question.

De plus, les vidéos sont également monétisées grâce aux publicités qui sont diffusées avant, voire pendant la lecture du contenu, ainsi que les publicités figurant autour de la vidéo. Youtube verse ainsi 55% des revenus nets générés par les publicités à l’auteur de la vidéo, le type d’annonces publicitaires faisant varier le montant perçu par les Youtubeurs.

 

LES PARTENARIATS ET SPONSORS

Les vidéastes concluent de nombreux partenariats avec des marques qui peuvent leur envoyer leurs produits gratuitement pour que ces derniers en fassent la promotion. Cela peut passer par le simple fait de faire figurer dans le décor le produit en question, ou alors faire une revue détaillée du produit de façon claire. Ces partenariats sont d’ailleurs très souvent mal perçus par les abonnés des Youtubeurs : ils sont en effet de plus en plus nombreux, voire omniprésents dans toutes les vidéos pour certains d’entre eux. Les abonnés ont ainsi parfois la sensation d’un manque de transparence et d’objectivité de la part des éditeurs de contenu, ainsi qu’une course aux revenus générés par ces partenariats.

Il est à noter qu’en France, le décret n°2017-159 du 9 février 2017 va étendre, à partir de son entrée en vigueur le 1er janvier 2018, l’obligation de transparence de la vie économique (issue de la Loi Sapin de 1993) à la publicité digitale. Reste à savoir si ce décret concernera également les placements de produits souvent dissimulés par les Youtubeurs, et obligera ces derniers à signaler chaque communication commerciale dans leurs vidéos.

 

LES ACTIVITES DERIVEES

En dernier lieu, les Youtubeurs peuvent recourir à des moyens plus éloignés de leur activité principale pour générer des revenus. Nombreux sont ceux qui ont écrit leur propre livre à l’image de Squeezie, EnjoyPhoenix ou Cyprien pour ne citer qu’eux, ou ont créé leur marque et développé des produits annexes, comme l’a par exemple fait Tibo InShape.

Si certains participent à des événements tels que la Paris Games Week ou passent à la radio, d’autres s’essaient au cinéma et à la télévision : prenez par exemple Natoo et Kemar qui ont joué dans leur premier film, « Le Manoir » sorti en 2017, ou encore « Presque adultes », cette courte série diffusée sur TF1 dans laquelle figurent uniquement des Youtubeurs.

Nous sommes ici loin des vidéastes amateurs qui filmaient leurs vidéos dans leur chambre, la caméra posée en équilibre sur une pile de livres et à la qualité visuelle parfois approximative.

A propos de Amandine CHARBONNEL

Etudiante au sein du Master 2 Droit de l'Economie Numérique, je porte un grand intérêt à la protection des données personnelles, aux problématiques de propriété intellectuelle liées au numérique et à la cybersécurité.

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