Alter égo numérique et algorithmes : hyperpersonnalisation ou cage dorée ?

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Grâce à internet, des milliards de données sont à simple portée de clic. Pour nous y retrouver, les algorithmes sont devenus l’une des mécaniques clés d’internet. Moteur de recherche ou propositions de produits dans les sites de e-commerce, ils nous sélectionnent les éléments susceptibles de nous plaire.

Des algorithmes aux critères de recherche nombreux

Depuis une dizaine d’années, les moteurs de recherche sont devenus des acteurs incontournables d’internet. La première raison d’être de leurs algorithmes est de hiérarchiser les réponses par ordre de pertinence. Ces algorithmes intègrent un certain nombre de critères. Certains sont simples, comme l’association de mot clés à une ressource qui ressort si l’un de ces mots-clés est demandé. D’autres en revanche, sont plus complexes. Ainsi, Google a mis au point un système de hiérarchisation de la pertinence des pages, en analysant les liens et les interactions entre les pages web.

Des critères secrets

On l’a deviné, les critères sont complexes, d’autant que la plupart des moteurs de recherche protègent maintenant leur algorithme par le secret. Avantage : il est plus difficile pour un internaute d’identifier les critères, et ainsi faire remonter sa page artificiellement. Le désavantage cependant est que l’on ne sait pas exactement ce qu’il se passe derrière nos moteurs de recherche. C’est une question d’autant plus importante que nous remettons entre ses mains la réponse à nos questions.

Des résultats personnalisés pour répondre à nos attentes

Autre facteur important : la plupart de ces algorithmes intègrent une dimension personnelle. En effet, au fil de nos navigations, nous laissons des traces de nos habitudes grâce aux délicieux logiciels appelés « cookies ». Ces traces définissent ce que nous sommes bien plus précisément que ce nous pourrions imaginer et constituent une sorte « d’alter égo numérique ». Cet alter égo numérique n’est pas le profilage d’une personne (ensemble de données permettant de reconstituer son identité) mais la mise en correspondance avec un sociotype.

Ce traitement de nos données par l’algorithme peut avoir deux conséquences. La première constitue une « réaction » de l’algorithme suite à un « j’aime » ou à la visite d’un site spécifique. Cela permet des publicités ciblées suite à un intérêt particulier de l’internaute concernant un sujet particulier. La deuxième est plus une « anticipation » de l’algorithme, d’où le nom d’algorithme prédictif. Il permet tout aussi bien de prévoir un produit susceptible de nous plaire que de s’adapter à notre façon de penser.

Une prise de conscience nécessaire

L’implication des données personnelles dans nos algorithmes de recherche n’est pas sans conséquence, car nous recherchons beaucoup de nos réponses par leur biais. Si cette dimension peut-être utile afin de proposer un contenu adapté et cohérent, il nous faut être conscient des éventuels effets pervers, comme l’enfermement dans un style de pensée donné.

Conscient de cet aspect, le législateur a récemment commencé à prendre en compte cet outil hautement complexe. Le dernier en date est le Règlement Général de Protection des Données qui entrera en vigueur le 25 mai prochain. De même, la CNIL a, depuis janvier dernier, engagé une réflexion sur le sujet, dont le rapport devrait paraître dans les semaines à venir.

 

Pour aller plus loin :

A propos de Gabrielle MIONET

Etudiante en Master 2 Droit de l’économie numérique à l’université Strasbourg. Passionnée par les problématiques mêlant la propriété intellectuelle et les nouvelles technologies.

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