Robots et Création, le cas McCANN

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Mars 2016, la branche japonaise de la société publicitaire McCANN présentait son nouveau directeur artistique qui n’était autre… qu’un robot. Une innovation importante qui nous amène à nous poser la question suivante : les robots sont-ils capables de création ?

source: pixabay

Un directeur artistique artificiel

Baptisé « AI-CD β », le nouveau directeur artistique de l’agence de publicité McCANN est doté d’une intelligence artificielle. Grâce à ses puissantes capacités analytiques, il peut se forger une culture publicitaire aussi importante que tous ses collaborateurs humains réunis. Disséquer, analyser, le robot est capable d’extraire les éléments-clés des meilleures publicités pour créer la combinaison optimale de ces éléments et les adapter à la demande de ses clients.

Une capacité de création robotique ?

Fort de cette expérience, le robot a la mission de supporter les directeurs artistiques humains. Il a notamment pour fonction de pallier à leurs faiblesses « humaines ». Il propose des idées en s’appuyant sur ce qui fonctionne et met au point des créations « qui ne ressemblent pas à ce qui a déjà été fait ». Combinaison objective d’éléments techniques. Il est, de ce fait, dégagé de toute la subjectivité humaine source de tant “d’erreurs”.

Est-on donc face à une création robotique ? C’est ce que semble avancer les concepteurs du robot. Aux dires de ceux-ci, « AI-CD β » serait  doté d’une véritable capacité de «création ». Le but du projet étant également de déterminer dans quelle mesure les données peuvent nourrir la créativité (how data could inform creativity).

Un robot directeur artistique mais pas un auteur.

On peut cependant se demander si cette création est vraiment une création au sens du droit d’auteur. Sans tenir compte du fait qu’il s’agisse d’un robot et non d’un humain, une création est sensée être un « ensemble de choix reflétant la personnalité de son auteur ».

De nos jours, la programmation d’un robot lui permet un certain nombre de « choix ». De ce point de vue, un robot-créateur n’est pas absurde. Mais ces choix sont définis, limités, à une seule tâche.

Concernant la personnalité, la technologie de l’intelligence artificielle n’est pas encore assez développée. C’est d’ailleurs à cause de cela qu’est réfutée la possibilité d’une création robotique.

Une problématique ouverte

Il n’est cependant pas idiot de s’interroger sur ce point : les robots seront-ils un jour capable d’une véritable création ? Avec les avancées en matière d’intelligence artificielle, seront-ils un jour doués de personnalité ? Question importante. En effet, c’est la sensation, le ressenti, l’inspiration qui sont traditionnellement rattachés à la création. Considérée comme une part de l’intelligence humaine, celle-ci est méconnue et il n’est pas encore possible de la traduire par le biais d’un simple programme. C’est pour cela que plusieurs directeurs artistiques humains interrogés, disent ne pas se sentir menacé par ce concurrent artificiel. Car leur créativité, ils la tirent d’une expérience aux richesses inégalées : la vie.

 

Pour aller plus loin :

A propos de Gabrielle MIONET

Etudiante en Master 2 Droit de l’économie numérique à l’université Strasbourg. Passionnée par les problématiques mêlant la propriété intellectuelle et les nouvelles technologies.

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