Expérimenter un phénomène astrophysique par le son : une éclipse à portée des personnes aveugles

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Il est des approches originales qui font grandir l’Humanité. À n’en pas douter, cette initiative en fait partie. Une équipe de chercheurs de l’Institut de technologie de l’État américain de la Géorgie a créé une composition musicale destinée à expérimenter l’éclipse totale du 21 août dernier, non pas par le sens de la vue, mais par celui de l’ouï.

Bruce Walker, un responsable du projet, l’affirme « toute personne a besoin d’accessibilité ». En France, rappelons que près de 3% de la population est concernée par un handicap visuel soit 1,7 million de personnes.

L’écoute du morceau peut être déroutante de prime abord, mais suit une logique et est adaptée à un autre mode de perception. Ce processus de sonification issu de la transformation de données d’observation permet de rendre un phénomène universel à la portée de toutes et tous.

La composition se décompose en plusieurs temps. Les hautes tonalités représentent la Lune et les basses le Soleil. Le reste des animations sonores font référence à la faune en mouvement au début et à la fin du phénomène. Cette musique se veut évolutive comme une chose vivante. L’éclipse est une « expérience émotionnelle pour beaucoup de gens » selon Avrosh Kumor, un autre scientifique de l’équipe.

Ainsi, la musique prend une tonalité inquiétante au fur et à mesure que le phénomène progresse, une façon de traduire ce que les gens ressentent quand l’obscurité se substitue à la lumière et que notre astre familier semble s’effacer.

Pour poursuivre et améliorer l’expérience, les chercheurs ont procédé à l’ajout de nouveaux sons via un algorithme musical et qui représentaient des éléments comme la température, la couverture nuageuse et autres des villes américaines traversées.

« La musique est la langue des émotions » comme l’exprimait adroitement Kant, l’observation d’une éclipse entremêle crainte et fascination. Les chercheurs y ont ajouté et redéfini la notion même de fraternité, rendant le cosmos universellement intelligible et tangible.

Pour en écouter un extrait, cliquez ici

A propos de Sélim-Alexandre ARRAD

Étudiant au sein du Master 2 – Droit de l’économie numérique, je suis juriste et politiste de formation. Mes centres d’intérêt recouvrent naturellement les domaines du numérique et des nouvelles technologies et en particulier les champs propres à la robotique, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la cryptologie dont les effets sur nos sociétés poussent à un constant renouvellement des rapports sociaux, juridiques, économiques et environnementaux chez les individus.

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