Hatsune Miku: La chanteuse virtuelle qui se joue des droits d’auteur

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A 16 ans, ses cheveux teints en bleu turquoise, elle sort des albums et chante devant des milliers de personnes tous les ans, a des milliers de fans et possède des tonnes de produits dérivés à son image. En somme, rien d’incroyable comparé à la carrière d’une énième idole japonaise, excepté que celle dont il est question ici… n’est pas humaine.

 

Personnage créé par la société Crypton Future Media, spécialisée dans les logiciels d’édition musicale, Miku Hatsune (« Le premier son du futur » en japonais) est désormais une célébrité au pays du soleil levant. A l’origine, elle ne servait qu’à illustrer la boite d’une énième version du logiciel Vocaloid sorti en 2003: le soft permettait à son utilisateur de synthétiser une voix artificielle d’une jeune fille de 16 ans pour ajouter une voix à des chansons qui n’en avaient pas.

 

L’illustration originale du logiciel Vocaloid 2

 

Très rapidement après la parution, les choses s’accélèrent et le personnage devient une mascotte qui pullule sur les réseaux sociaux. Des vidéos de chansons, parfois humoristiques, parfois très élaborées, utilisant le personnage, se multiplient sur le site NicoNicoDouga, le Youtube Japonais, faisant collaborer des dessinateurs, des metteurs en scènes, des musiciens, des chanteurs et des DJ sur de nombreux projets autour du logiciel Vocaloid.

La recette du succès est très simple: le compositeur souhaitant utiliser le logiciel doit simplement l’acheter. A partir de là, Crypton s’est assuré que la créativité des utilisateurs ne soit jamais bridée, en rendant son personnage utilisable et personnalisable facilement et légalement par quiconque souhaiterait l’utiliser. N’importe qui peut donc insérer une nouvelle Miku qu’il aura lui même créé dans sa propre création, en faire un album, un clip, et commercialiser le tout dès demain, en s’affranchissant de toutes les éventuelles barrières légales.

La pub de Google Chrome mettant en scène Miku résume l’entièreté du concept en quelques secondes

Au Japon, Miku devient après 2005 un personnage trop populaire pour être ignoré par les éditeurs. Ces derniers s’emparent rapidement de la licence et lui créent des alter-ego avec de nouveaux types de voix, mais aussi des figurines, des dessins-animés, des jeux-videos, des albums, et vont même jusqu’à organiser des concerts ou l’idole apparait devant ses fans sous la forme d’un hologramme projeté sur une plaque de verre. Une pratique qui n’est pas sans rappeler celle du groupe Gorillaz, dont les membres ne se montrent sur scène jamais en personne.

 

L’une des itérations de Miku les plus populaires, Black Rock Shooter, a été adaptée en chanson, jeu vidéo et dessin animé

 

Si au départ le phénomène Vocaloid était cantonné au Japon, il n’a pas fallu attendre longtemps pour voir la licence s’exporter progressivement en occident à travers la sortie des jeux vidéos en Amérique comme en Europe. De plus, une nouvelle version du logiciel, permettant à Miku de chanter en anglais est désormais disponible à la vente. Cerise sur le gateau pour les fans, la jeune fille a même d’ores et déjà commencé à effectuer des concerts en Amérique du nord.

Plusieurs groupes de musiques populaires (ici Bump of Chicken) ont pu collaborer avec Miku sur des chansons

A propos de Bruno C.

Etudiant en Master 2 Droit de l'Economie Numérique à l'Université de Strasbourg, titulaire d'un Master en Droit des affaires, mes passions dans les domaines des nouvelles technologies et dans les moyens modernes de communication renouvellent constamment mon intérêt pour le monde digital et ses évolutions.

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