Y-a-t-il un (cyber)pilote dans l’avion ?

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Alors même que de nombreux véhicules autonomes de transports en commun sont en phase d’expérimentation dans les grandes métropoles du monde, l’avionneur Boeing a annoncé vouloir réaliser, dès 2018, des tests de vols autonomes (autrement dit, sans opérateurs/pilotes humains). Si les résultats sont concluants, des vols commerciaux pourraient débuter dès 2025.

Le phénomène d’autonomisation des vols est-il nouveau ? Pas complètement. En effet, les avions gèrent déjà les phases de décollage, de vol et d’atterrissage via une multitudes d’outils électroniques favorisant le travail des pilotes. Ce qui bouleverse le milieu, c’est l’absence même d’élément humain pouvant reprendre le contrôle et parer aux imprévus comme c’est le cas actuellement.

L’amélioration de l’intelligence artificielle n’est pas indifférente à ce changement de paradigme. Un appareil autonome serait équipé de près de 64 ordinateurs, tous redondants en cas d’avaries, ce qui représenterait environ plus d’un milliard d’instructions gérées à la seconde.

À cela s’ajoutent deux arguments de poids. La pénurie de pilote et le gain réalisé par l’économie d’avions sans pilote. Selon une étude menée par la banque UBS et publiée le 7 août, les compagnies aériennes pourraient économiser jusqu’à 30 milliards d’euros chaque année. Pour les consommateurs américains et européens, cela représenterait respectivement une économie de 11% et 4% sur le prix du billet.

Mais le plus dur reste à faire : accompagner la réduction et la redéfinition du rôle de pilote qui ne se fera pas sans heurt avec les syndicats, mais aussi et surtout convaincre les clients. Cette même étude montre que seuls 17% des passagers seraient susceptibles de prendre un avion sans pilote pour 54% du contraire.

Mais en cas d’incident, quid de la responsabilité juridique ? Par ailleurs, le recul de l’opérateur humain au profit de la machine n’augmente-t-il pas la vulnérabilité aux cyber-dangers ? Autant de question auxquels les constructeurs, compagnies et pouvoirs publics devront répondre pour rendre ce modèle économique et juridique viable.

A propos de Sélim-Alexandre ARRAD

Étudiant au sein du Master 2 – Droit de l’économie numérique, je suis juriste et politiste de formation. Mes centres d’intérêt recouvrent naturellement les domaines du numérique et des nouvelles technologies et en particulier les champs propres à la robotique, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la cryptologie dont les effets sur nos sociétés poussent à un constant renouvellement des rapports sociaux, juridiques, économiques et environnementaux chez les individus.

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