Le suicide online en “live”, synonyme de faille juridique.

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Le 30 décembre dernier, une adolescente américaine s’est donnée la mort en direct sur Facebook.

Katelyn Davis a transmis son suicide en direct sur Facebook et Youtube via l’application Live.me. Le problème est que la vidéo est restée en ligne pendant 2 semaines malgré les appels à la suppression de la police.

La vidéo de 42 minutes filmée via l’application Live.me, a été partagée sur les réseaux sociaux depuis l’État de Géorgie aux États-Unis. Ni la police, ni le réseau social ont réussi à supprimer la vidéo qui a été copiée et diffusée sur Youtube, des blogs ou encore sur Facebook. La version copiée sur Youtube a quand même été vue plus de 40000 fois avant que son contenu soit retiré car, il “ne respectait pas les règles de Youtube concernant le contenu visuel choquant ou violent”.

Les autorités ont eu le plus grand mal à faire disparaître la vidéo de la toile. Le chef de la police local a livré un entretien à “Fox 5 news” où il explique que les autorités ont demandé aux différents sites de supprimer la vidéo mais que selon la loi, ils n’étaient pas obligés de le faire.

Très récemment (Samedi 21 janvier 2017), une jeune femme de 18 ans s’est immolée en direct sur Facebook. Ce sont ses amis assistant en live à la scène par écrans interposés qui auraient appelé les secours. La jeune fille a été admise dans un centre spécialisé pour grands brûlés.


Heureusement, cette fois-ci, Facebook a réagi plus vite et a retiré la vidéo 4 heures après le drame.

Au-delà de la simple question de décence, il est intéressant de soulever la faille juridique apparue lors de cette affaire macabre. Pour le moment, rien dans la loi ne peut obliger un site à supprimer une vidéo de cette nature… Qu’en est-il de la responsabilité de l’hébergeur ou de l’application elle-même s’ils n’arrivent pas à supprimer le contenu ?

Autre problème juridique se pose, est-ce que les personnes qui ont visionné ce live étaient en mesure d’intervenir et peuvent-elles être poursuivies pour délit de non assistance à personne en danger ? Qu’en est-il des personnes ayant insulté la jeune femme de 19 ans ? Peut-on reprocher le délit de provocation au suicide ?

On espère que les autorités compétentes vont se pencher sur la question et trouver une réponse législative à ce phénomène dans les plus brefs délais. Souvenez-vous, en 2007, les autorités avaient déjà réussi à endiguer la vague de vidéo ”d’happy slapping” par des réponses judiciaires et pénales très fortes.

En attendant, on croise les doigts pour que cette funèbre manière d’agir ne devienne pas un phénomène de mode.

 

A propos de Guillaume BAUDE

Etudiant dans le master 2 commerce électronique de l’université de Strasbourg

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