Devrions nous avoir peur des algorithmes ?

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Régulièrement, vous voyez apparaître des suggestions de livres que vous pourriez « aimer ». Des recommandations de contenus correspondant exactement à vos goûts apparaissent sur votre fil d’actualité Facebook ? La collecte de nos données permet de cerner de façon toujours plus précise notre personnalité virtuelle. Comment les algorithmes nous maintiennent-ils dans ce moule virtuel ?

L’essence de tout programme informatique

Tous les jours, nous exécutons des algorithmes sans nous en rendre compte. C’est le cas par exemple lorsqu’on réalise une recette de cuisine : on exécute une suite d’instructions dans un ordre précis pour obtenir un résultat déterminé.

L’algorithme est l’essence de tout programme. Toujours plus puissant et plus précis, c’est grâce à lui que les programmes que nous utilisons tous les jours, même sans nous en rendre compte, sont de plus en plus performants. En général, ils sont utilisés soit à des fins de prédiction, soit à des fins de recommandation.

Ils permettent notamment aux sites Internet et réseaux sociaux de nous proposer des produits et services susceptibles de nous intéresser. Ces suggestions sont possibles grâce aux données que les entreprises collectent lorsque nous naviguons sur Internet, achetons un produit ou consultons le profil de quelqu’un. Les algorithmes sont ensuite chargés de résoudre l’équation à l’aide de ces données, et déterminer ce qui pourrait nous plaire, compte tenu de notre ‘profil’.

La série House of Cards par exemple, a été créée à l’aide d’un algorithme. Grâce aux données des abonnés, l’algorithme a déduit que les amateurs d’une série politique britannique des années 90 aimaient aussi les films de Kevin Spacey et de David Fincher. La clé du succès de la série est donc l’association du scénario au savoir faire des 2 réalisateurs.

Un danger fantôme

A première vue, ce système paraît avantageux pour tout le monde : l’algorithme permet de faciliter nos recherches de gagner du temps en réalisant une présélection. Côté professionnels, il accroit considérablement l’efficacité des opérations publicitaires, parfaitement ciblées.

Pourtant, si un algorithme analyse des données, il ne les comprend pas. Il repose sur une logique binaire, bien différente de la logique humaine. Il ne connaît que le blanc et le noir, ce que nous aimons ou ce que nous n’aimons pas, et ne laisse aucune place au « peut être » ou « pourquoi pas ».

Le danger vient du fait qu’il nous isole dans une « bulle de filtres » sans que nous nous en rendions compte. En ne nous proposant que des choses qui correspondent à ce que nous connaissons déjà, à nos propres croyances, ce système empêche toute remise en question et devient de plus en plus clivant.

Mais comment se forger une opinion en ignorant tout des arguments contraires ? Comment découvrir de nouvelles choses si on ne nous propose que ce que nous savons que nous aimons déjà ?

Savoir mettre en place quelques bons reflexes

Finalement, l’algorithme en lui-même, se contente de faire ce pour quoi il a été créé.
Il n’est qu’un outil par ailleurs nécessaire au développement technologique, dont il est impossible de se passer.
La seule véritable précaution à prendre est de prendre conscience de l’utilisation qui est faite des données. Aller chercher soi-même l’information plutôt que se contenter de suivre les recommandations, faire ses propre playlists sur Deezer ou sur Spotify, et surtout ne pas délaisser l’information papier, voire télévisée qui est plus à même d’enrichir notre vision globale.

A propos de Claire COLONNA

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