Le crowdfunding : historique

« En 2013, les chiffres annonçaient 6 milliards de dollars investis. En 2014, le bilan est tombé : 16,2 milliards de dollars collectés … »

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Le crowdfunding, aussi appelé financement participatif, signifie littéralement faire appel à la foule pour récolter des fonds afin de financer un projet. Le crowdfunding vient du concept de crowdsourcing où la foule intervient en prodiguant idées, feedbacks ou solutions pour qu’un entrepreneur, ou un porteur de projet, puisse développer ses activités. Ce terme fut utilisé par la première fois par Jeff Howe et Mark Robinson dans le Wired Magazine de juin 2006. Ils le définissent de la manière suivante : « Simply defined, crowdsourcing represents the act of a company or institution taking a function once performed by employees and outsourcing it to an undefined (and generally large) network of people in the form of an open call. This can take the form of peer production (when the job is performed collaboratively), but is also often undertaken by sole individuals. The crucial prerequisite is the use of the open call format and the large network of potential laborers ».

Historique

Le crowdfunding n’est pas un concept novateur. Le piédestal de la statue de la Liberté à New York inaugurée en octobre 1886 avait été financé deux ans plus tôt par des micro dons suite à l’appel d’offres lancé par le journaliste américain d’origine hongroise Joseph Pulitzer. 120 000 souscripteurs avaient alors permis un apport de 400 000 anciens francs pour la construction du célèbre monument. Même avant cela, les compositeurs Mozart et Beethoven, l’essayiste Mark Twain ou encore le poète Walt Whitman avaient fait appel à des investisseurs privés pour la complétion de certaines de leurs œuvres.

Dans une période plus récente, on peut aussi mentionner le cas du réalisateur américain John Cassavetes qui réalisa son tout premier film, Shadows, grâce aux fonds envoyés par les auditeurs d’une radio via laquelle il avait lancé un appel public en 1958.

L’ancienneté du phénomène démontre que l’appel aux souscriptions privées était déjà possible bien avant les désormais célèbres plateformes en ligne telles que Kickstarter et Indiegogo, et relève surtout d’une certaine philosophie de la participation citoyenne à la production culturelle.

Cependant, Internet a encouragé une accélération exponentielle du phénomène puisqu’il stimule les relations directes (peer-to-peer, type de protocole d’échanges de fichiers utilisant l’infrastructure d’Internet dans son aspect décentralisé qui permet à des individus d’échanger des fichiers par des systèmes techniques) entre les utilisateurs du réseau. De fait, le crowdfunding a pris une proportion nouvelle ces dernières années grâce à des outils mis à la disposition des porteurs de projets comme des financeurs par le Web.

Les premières plateformes de crowdfunding sont apparues dans le courant des années 2000. Le site américain Kiva, fondé en octobre 2005, est le premier à proposer une interface visant à récolter des dons à destination des pays en voie de développement par le biais de près de 200 partenaires allant des institutions de microfinance à des écoles, en passant par des associations à but non lucratif.

Dans le domaine culturel, le pionnier des plateformes de financement participatif est le label en ligne SellaBand, né en Allemagne et créé par des anciens employés de majors de l’industrie musicale (Sony/BMG). La plateforme est lancée une première fois en août 2006 avant de faire banqueroute quatre ans plus tard puis de rouvrir dans la foulée.
En 2009, IndieGogo, créée un an plus tôt et à l’origine spécialisée dans la production cinématographique indépendante, s’étend à tous les domaines et devient ainsi la première plateforme à généraliser le modèle du crowdfunding. De nombreuses autres plateformes vont éclore en peu de temps. Nous pouvons par exemple citer Kickstarter aux États-Unis, qui deviendra rapidement la principale plaque tournante des plateformes de financement participatif dans le monde par la diversité des projets qu’elle propose et l’importance des montants qu’elle parvient à engendrer, ou encore Kisskissbankbank en France.

En 2012, ce sont finalement plus de soixante-cinq plateformes de financement participatif qui ont été fondées dans plus de dix-huit pays à travers le monde, et près de 80% d’entre elles étaient spécialisées dans la promotion des projets culturels et artistiques. Les chiffres annonçaient 2,7 milliards de dollars investis. En 2013, les chiffres annonçaient 6 milliards de dollars investis. En 2014, le bilan est tombé : 16,2 milliards de dollars collectés, soit 167% de croissance.

Source : http://images.lesechos.sdv.fr/archives/2015/LesEchos/21909/ECH21909119_1.jpg

A propos de Mourad LAHMER

Étudiant en Master 2 Commerce Électronique au sein de l’Université de Strasbourg, titulaire d’un M2 en Finance Participative au sein de l’Université de Strasbourg et d’un M2 en Marketing à l’IAE de Dijon, avec une expérience professionnelle de 11 ans, vivement intéresse par l’économie participative.

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