Le transhumanisme et l’hybridation homme-machine : quel avenir ?

Alors que l’on tend aujourd’hui à s’engager vers des technologies liberticides, les milieux technophiles eux encouragent le transhumanisme.
Science-fiction ou réalité ? Les machines vont-elles dépasser l’humanité ? le transhumanisme semble vouloir modifier l’être humain, ce qui soulève ainsi des questions d’ordre éthiques…

transhumanisme

Source : www.consciencesansobjet.blogspot.fr

« Si jeunesse savait si vieillesse pouvait ». C’est ainsi que le transhumanisme semble vouloir accomplir l’ancien adage d’Henri Estienne.
Le transhumanisme né depuis les années 1950, a eu pour objectif de développer les capacités physiques et mentales de l’Homme, il vise aujourd’hui à améliorer l’espèce humaine grâce aux technosciences.

Repousser les limites de la condition humaine :

Homme hybride, homme machine, homme 2.0 : plus intelligent, plus beau, plus fort. Les porteurs de projets transhumanistes visent à dépasser les limites de la nature grâce aux convergences informatiques, biologiques et technologiques. Ces évolutions en la matière, alliées ensemble, marquent ainsi un tournant révolutionnaire.
Certains parlent de solutionnisme, c’est-à-dire les capacités humaines et cognitives étant arrivées à leurs limites ; elles doivent être remplacées. On peut penser que la théorie darwinienne de l’évolution semble en voie de devenir désuète.

L’interface cerveau-machine dans les cyber corps :

Après les progrès de la médecine moderne, une ère de médecine technocentriste semble voir le jour comme les nanotechnologies, le séquençage génétique, les transgénèses, les implants… Une entreprise allemande a par exemple inventé une puce électronique qui greffée derrière la rétine peut rendre partiellement la vue aux personnes aveugles.
Des électrodes ainsi implantés dans le système cervical d’un paraplégique pourraient décoder les messages éléctriques qui encodés par un robot, permettraient de rendre une certaine mobilité à la personne…
Mais encore des exosquelettes de commandes informatiques en cours de développement notamment dans le cadre militaire, permettraient à des paraplégiques de marcher.
L’armée américaine financerait même un programme d’implants cérébraux à visée psychiatrique de 70 millions de dollars afin de contrôler des émotions telles que la peur mais qui pourrait aussi avoir une action sur les pathologies psychiatriques.
Au-delà de la médication réparatrice, certains vont plus loin. Alors que la duplication d’un cerveau sur un support informatique faisait partie de la science-fiction, les scientifiques aspirent aujourd’hui, vers le téléchargement (l’upload) du contenu du cerveau sur des puces de silicium, pour ainsi transférer la conscience humaine sur une machine.

L’immixtion des GAFA dans la poussée du transhumanisme :

Alors que les politiques sont en retard sur ces questions transhumanistes, les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), ces entreprises de la Sillicon Valley, investissent des sommes considérables dans ces biothechnologies.
Le géant Google dit « vouloir tuer la mort ». En effet plus qu’une entreprise informatique, Google devient un acteur majeur dans le mouvement transhumaniste. Cette dernière ayant déjà racheté les plus grosses entreprises de robotiques. Une de ses filliales Calico travaille par exemple aujourd’hui sur le prolongement de l’espérance de la vie humaine pour les 20 prochaines années. Leurs investissements sont tout aussi présents dans le séquençage ADN que par exemple dans le développement de lentilles intelligentes pour les diabétiques permettant de contrôler la glycémie..
Selon Laurent Alexandre expert en technologies du futur, « Google est le premier embryon d’intelligence artificielle au monde ». Elle connaît en effet une avancée dans la maîtrise de l’intelligence artificielle, et des technologies NBIC (nanotechnologies, bio-ingénierie, informatique et cognitique).
Pour Ray Kurzweil, directeur de l’Ingénieurie chez Google, les humains augmentés deviendront hybrides, on parle alors de cyborgs. La pensée humaine selon lui ne sera plus seulement composée d’éléments biologiques mais aussi de nanobots c’est-à-dire des robots miniaturisés, composés à partir d’ADN humaine.

Le transhumanisme : une idéologie dangereuse

La révolution des technosciences dans sa modification de l’espèce humaine à travers l’hybridation homme-machine laisse ainsi entrevoir une forme de guerre idéologique, politique et économique.
Corriger les inégalités et la défectuosité de la nature ne semble pas être dénué de conséquences notamment pour certains philosophes. On passe d’une volonté de médication réparatrice à celle d’un homme technologiquement augmenté. On veut alors dépasser la visée humaine pour tendre vers une évolution artificielle.
Les fondateurs de Google évoquent même le fait d’avoir un jour un implant dans le cerveau intégrant Google comme moteur de recherche.
L’homme devient ingénieur sur sa propre personne et l’espèce humaine tend ainsi vers une rupture avec sa propre nature.
Luc Ferry dans son ouvrage « la révolution transhumaniste » évoque ainsi des « enjeux médicaux, démographiques, politiques et, économiques » ainsi qu’un fonctionnement sociétal chamboulé  par ces technorévolutions.
Certains évoquent une motivation faussement démocratique et économiste pouvant s’expliquer par les enjeux matérialistes et hégémoniques de l’industrie 3.0 et que dissimulent finalement de nombreuses recherches techno-scientifiques.
Francis Fukuyama philosophe économiste parle de « délire technoscientiste ».
Le patron de Tesla aurait lui par exemple investi 10 millions de dollars dans la lutte contre les dangers de l’intelligence artificielle.
Cette révolution des technosciences semble pourtant presque gardée sous silence par les politiciens. L’idéologie transhumaniste posera certainement des problèmes démographiques, mais aussi politiques et philosophiques lorsque l’on tend à repousser la mort. On entre en effet dans une ère où il va falloir peut-être repenser et réorganiser la société.

A propos de Simy HARROCH

Master 2 droit de l'économie numérique,intéressée par les nouvelles technologies notamment en matière de santé.

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