Accès à Internet et Digital Landscape Chinois

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Internet est, par définition, un réseau qui se veut global. Pourtant on constate qu’il répond à des caractéristiques très différentes d’un pays à un autre. On peut alors imaginer les différences qui peuvent exister entre les pratiques en ligne dans les pays dits « occidentaux » et un pays comme la Chine, dont les cultures sont à la base diamétralement opposées.

En effet, quand on s’intéresse au numérique et au e-commerce en Chine, la première difficulté est de se familiariser avec l’univers du web (ou digital landscape) chinois et ses noms exotiques. Il faut rapidement établir un tableau de concordance pour s’y retrouver : ainsi, grossièrement, leur Google s’appelle Baidu, leur Facebook WeChat ou QQ, leur Twitter Weibo, leur YouTube Youku, leur EBay Taobao, et leur Amazon Alibaba, JD.Com etc.

Cette singularité de l’environnement du Web chinois est due à la volonté des autorités chinoises, dès les débuts d’Internet, de dresser une « Grande Muraille Numérique » isolant les internautes chinois du reste de la toile. L’objectif non-dissimulé était de permettre le développement de géants sino-chinois du web, élément essentielle pour s’émanciper du GAFA (Google Apple Facebook Amazon) américain. Cet objectif semble aujourd’hui largement atteint.

En effet, passée la barrière de la langue, on se rend donc rapidement compte que l’Empire du Milieu n’a rien à envier à l’Amérique et au Vieux Continent en termes de diversité des services disponibles en ligne.

le Digital Landscape Chinois

le Digital Landscape Chinois

L’accès à Internet

Du chemin a été parcouru depuis le 20 septembre 1987, date de la première connexion à Internet établie sur le sol chinois. Selon les chiffres annoncés par le CNNIC (China Internet Network Information Center), il y avait 668 millions d’internautes chinois au 23 juillet 2015 (environ la moitié de la population). Et la part d’internautes ayant accès à Internet augmente d’années en années, au fur et à mesure de l’extension du réseau et de la démocratisation des devices.

Mais comment surf-t-on sur Internet en Chine ? De façon assez semblable au reste du monde finalement.

Les Chinois souhaitant se connecter à la Toile doivent d’abord se munir d’un appareil comme un smartphone, une tablette ou un ordinateur. Ensuite, il y a deux possibilités : soit ils souscrivent à un abonnement Internet fixe ou mobile en passant par un des trois principaux fournisseurs d’accès (China Unicom, China mobile, China Telecom); les forfaits sont abordables et la plupart des internautes choisissent cette option. Il est également possible, en ville, de se connecter aux nombreux spots de wifi public : «Depuis le 30 octobre 2012, à Hangzhou, le Wifi gratuit reste à disposition à l’extérieur dans la plupart des zones urbaines. À Hong Kong, on le découvre dans tous les trains du réseau MTR tandis qu’à Pékin, vous le trouverez dans certains bus publics. À Shanghai, le Wifi gratuit est proposé dans certains lieux publics comme, par exemple, le Bund, le jardin Yuyuan, le musée de Shanghai, et Xin Tian Di[1] ».

Une fois connecté au réseau, la porte d’entrée privilégiée par les chinois est le moteur de recherche Baidu, site chinois le plus visité, et 5e site le plus visité au niveau mondial. Il s’agit là encore d’une exception propre à l’Internet chinois, puisque seulement 24% des recherches internet sont effectuées via Google, contre 73% par Baidu. Ce dernier a pris le dessus sur le géant américain dès le début des années 2000 en proposant des recherches directement en mandarin. De plus, l’entreprise a conclu un partenariat avec Microsoft en 2011 afin de profiter des résultats anglophones du moteur de recherche Bing.

Baidu fonctionne ainsi comme tous les moteurs de recherche et permet de mettre en lien les mots clés tapés par les internautes avec des contenus, mais pas n’importe quel contenu. En effet, impossible de ne pas évoquer la censure quand on parle de Baidu, serviteur loyal du « ministère de la sécurité publique » chinois.

En plus de la censure pure et simple de certains sites étrangers comme Facebook et YouTube, le ministère oblige le moteur de recherche à filtrer toutes les requêtes de ses utilisateurs, aussi bien les questions que les réponses. Cependant de nombreux chinois contournent cette censure au moyen de VPN (Virtual Private Network) qui leur permettent de localiser leur IP à l’étranger. L’ironie est que les liens permettant de souscrire à ces VPN se trouveraient facilement en faisant une recherche sur… Baidu !

Comme nous l’avons vu au début de ce paragraphe, le nombre d’internautes ne cesse de croitre au fur et à mesure de l’extension de la connexion Internet aux villes de 3e et 4e rang[2]. Ces dernières représentent un potentiel de développement et un vivier de consommateurs qui attire la convoitise des géants du Web chinois, et surtout les e-commerçants. Ces derniers se livrent déjà une véritable course pour conquérir le cœur de cette clientèle : Alibaba a été le premier en lançant en 2013, avec huit groupes chinois leaders dans leurs domaines, le projet logistique « Chinese Smart Network » pour développer le e-commerce dans les villes des provinces reculées de Chine. Le principal concurrent d’Alibaba, JD.com a décidé de consacrer au moins 1 milliards de dollars à la construction de nouvelles infrastructures technologiques dans les villes de 3e et 4e rang…

Ils espèrent, en participant au développement digital de ces villes, attirer les populations vers leurs Marketplaces, qui sont les principaux outils du e-commerce en Chine.

 

[1] http://www.voyageschine.com/carnet/internet-en-chine.htm

[2] Les villes de 1er et 2e rang étant Pékin, Shanghai, Guangzhou (Canton), Shenzhen, Chongqing, Tianjin, Hangzhou, et Nanjing.

 

AntIMGP9119oine CONAN

Etudiant en M2 Droit de l’Economie Numérique à l’Université de Strasbourg.
Passionné par les nouvelles technologies et les problématiques qu’elles engendrent, notamment celles touchant à la propriété intellectuelle et aux données personnelles. Je porte également un vif intérêt à l’actualité web et vidéoludique.
Curieux de tout, je m’intéresse à l’art sous toutes ses formes et pratique la photographie en amateur.

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