La puissance des réseaux sociaux face au coup d’État

Dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, une partie de l’armée turque pro-Gülen (Fethullah Gülen, ancien imam résident actuellement aux Etats-Unis) a tenté d’organiser un coup d’Etat en Turquie déjoué par la force du Numérique et des citoyens turcs via la stratégie du gouvernement …

Stratégie de l’armée: attaquer en amont les réseaux de télécommunications

Afin de compliquer la communication numérique entre les citoyens et ainsi s’informer des situations, une partie de l’armée s’est attaquée en amont aux réseaux de télécommunications dans le but de rompre la transmission avec le monde extérieur et faciliter le coup d’Etat. En d’autres termes, couper les réseaux de communications dans le pays permettait aux putschistes de progresser avec facilité dans les rues sans qu’aucun citoyen lambda ne puisse agir et connaître les causes et ainsi s’imaginer un « entrainement » (« tatbikat » en turc).

De plus, l’armée turque s’est focalisée sur un autre objectif et a pris le contrôle vers 2 heures du matin de la chaîne turque de télévision nationale (TRT) en diffusant un communiqué « Conseil de la paix dans le pays » faisant état de la proclamation de la loi martiale et d’un couvre-feu sur l’ensemble du territoire. C’est alors que la population s’est rendue compte de l’ampleur de la situation et de l’avancée d’une partie de l’armée dans sa stratégie mais aussi dans les rues.

L’arme secrète du gouvernement: le Numérique

Après une longue attente au sein d’un hôtel à Marmaris encerclé par des militaires putschistes souhaitant le neutraliser, le Président de la République de Turquie, monsieur Erdogan a pu se connecter via son Smartphone par Facetime à une chaîne de télévision privée turque (CNN Türk) où il a pu expliquer à ses citoyens, et à bien d’autres, que la situation actuelle du pays était mal en point et qu’il fallait absolument sortir dans les rues pour contrer les putschistes.

De plus, après l’appel par Facetime, des pro-gouvernements se sont rués sur les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et bien d’autres encore pour diffuser l’information à d’autres citoyens qui n’auraient pas suivi en direct l’appel de monsieur Erdogan. Entre-temps, une partie de l’armée entreprenait une stratégie de diffusion de fausses informations au sein des réseaux sociaux afin de dissuader la population de se révolter et ainsi compliquer le coup d’Etat. Pour information, le message le plus marquant était celui qui indiquait que l’actuel gouvernement était « tombé » et que le pays était sous la direction des militaires putschistes.

Mais, la force des réseaux sociaux a permis de constituer en plus d’une chaîne de réseaux, une chaîne humaine et notamment d’êtres rationnels et par conséquent, de permettre aux citoyens de prendre leurs initiatives pour contrer le coup d’Etat d’une partie de l’armée turque pro-Gülen.

Le Numérique, le « héros » de l’Histoire

Quelques soient les faits, chaque partie a utilisé la même “arme” : les réseaux sociaux. Une grande majorité de la population en Turquie étant connectée. Se focaliser sur les réseaux sociaux était le seul moyen d’atteindre tous les citoyens lorsque les principales chaînes turques de télévision étaient sous l’emprise de l’armée. En d’autres termes, les réseaux sociaux se sont transformés pour quelques heures, en médias sociaux et aujourd’hui, la puissance du Numérique, et plus particulièrement des réseaux sociaux, n’aura plus la même signification aux yeux des turcs.

 

 

 

Mehmet C.

 

Étudiant en Master 2 Droit de l’économie numérique à l’Université de Strasbourg. Je m’intéresse à l’évolution du cadre juridique des Nouvelles Technologies. Par ailleurs, disposant d’un atout multiculturel, j’aimerai me consacrer aux évolutions que pourraient entreprendre l’Union Européenne avec les pays tiers dans le domaine juridique et technique des NTIC et notamment des données personnelles.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.