Protéger sa e-réputation en créant un solide profil personnel

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Sur les réseaux sociaux, il est important pour l’utilisateur de savoir s’en servir à bon escient, de profiter des différentes possibilités de réglage des paramètres pour que le profil reste bien « personnel ».

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Surveiller ses paramètres de confidentialité

Les réseaux sociaux sont souvent l’objet de mise à jour des paramètres de confidentialité, l’utilisateur doit donc vérifier régulièrement que ceux-ci n’ont pas été modifiés.

Pour encore plus de protection, le G29 a proposé dans un avis n°5/2009 du 12 juin 2009 un certain nombre de mesures pour les réseaux sociaux comme la définition de paramètres par défaut limitant la diffusion des données des internautes, la suppression des comptes restés inactifs pendant une certaine période ou encore la possibilité pour les internautes d’utiliser un pseudonyme plutôt que leur identité réelle.

Dès lors qu’il n’y a pas intérêt à se servir de son identité réelle, il est recommandé de préférer un pseudonyme ou même de rester anonyme, on parle de droit à l’anonymat.

Anonymat et mensonge comme techniques de protection

Certaines situations comme le droit de vote impose d’utiliser sa véritable identité, a contrario dans les autres situations, le droit à l’anonymat n’est pas interdit. Il permet à l’internaute de préserver sa réputation ainsi que sa liberté d’expression en donnant son opinion sur la politique ou son employeur sans craindre de représailles. Cela ne signifie pas pour autant que l’on peut publier librement des propos illicites comme des appels à la haine raciale ou l’apologie du terrorisme. C’est donc un anonymat de façade aux yeux du grand public pour protéger sa réputation, l’internaute étant tenu de donner sa véritable identité à son fournisseur d’accès ou à son hébergeur.

Certains, conscients des menaces qu’Internet fait peser sur leur vie privée, n’hésitent pas même à utiliser le mensonge comme technique de protection.

Une enquête publiée en 2004, donc avant le développement des réseaux sociaux indiquait que 14% des internautes mentent souvent ou toujours dans les réponses aux formulaires en ligne, et que 86% ne remplissent pas les champs optionnels. De plus 52% utilisent souvent ou toujours un pseudonyme et 43% ne donnent jamais ou rarement leur véritable identité.

Leur confiance et leur comportant varient selon la nature du site : ils font plus confiance à un site d’un organisme public ou une entreprise connue. Leur comportement sera différent selon qu’ils doivent simplement renseigner leur âge pour entrer sur un site ou donner leurs coordonnées bancaires pour effectuer un achat en ligne.

Cette tendance se confirme par un baromètre ACSEL de 2013 sur la confiance numérique. Ainsi, 77% des utilisateurs de réseaux sociaux ont déjà modifié leur paramètre de confidentialité sur Facebook, 16% des utilisateurs ont recours à un pseudonyme et 47% donnent volontairement de fausses informations en ligne.

Cela illustre bien la méfiance des utilisateurs envers les réseaux sociaux bien que ceux-ci soit largement utilisés.

La vie privée sur les réseaux sociaux est bien souvent publique…

L’utilisateur doit donc être prudent sur ce qu’il partage sur sa vie privée, et être conscient du « cercle » de personnes avec qui il partage ce contenu pour éviter qu’il se retourne contre lui en créant des listes d’amis et distinguer par exemple les amis et les collègues de travail.

Certains ont ainsi eu de mauvaises surprises comme ce jeune stagiaire qui a indiqué à sa direction qu’il serait absent le lendemain pour des « raisons familiales ». Le lendemain, le patron lui notifie « Merci de nous avoir prévenu. J’espère que tout se passe bien à New-York. (Sympa la robe) » après avoir trouvé une photo de l’intéressé déguisé en fée en train de fêter Halloween sur Facebook car la confidentialité du profil du stagiaire n’était pas assez sécurisé.

Dans une autre affaire, les informations partagées ont été utilisées dans le cadre d’une procédure judiciaire. Un juge qui initialement pensait demander du sursis avec mise à l’épreuve pour une conductrice responsable du décès d’un passager dans un accident de la route dû à une consommation d’alcool a finalement décidé de condamner la personne à une peine de deux ans de prison ferme. Il a soutenu sa sentence en se basant sur des photos du profil Myspace de la jeune femme prises après l’accident, verre à la main et plaisantant sur l’alcool.

Certains candidats à un emploi ont également eu la mauvaise surprise d’avoir été « googlé » par un recruteur.

Avec l’apparition du célèbre moteur de recherche et des réseaux sociaux, les recruteurs n’hésitent pas à chercher systématiquement des informations sur les candidats que ce soit sur des sites professionnels comme Linkedin ou Viadeo ou sur des sites personnels comme Facebook ou Twitter.

En 2010, la CNIL dans son 30ème rapport annuel indiquait que 45% des recruteurs américains consultaient les réseaux sociaux professionnels ou personnels des candidats pour trouver des informations et que 35% avaient déjà rejeté des candidatures après la consultation de ces profils.

Ainsi, certains candidats peuvent être écartés à cause de photos provocantes ou peu sérieuses ou parce qu’ils ont tenu des propos dénigrant leur précédent employeur. En guise d’exemple, ont déjà été écartés d’un processus de recrutement un amateur d’armes à feu repéré sur un forum ou une étudiante prise en photo à une fête sur une barre de strip tease.

Pour éviter la discrimination lors d’un processus de recrutement, l’association « A compétence égale » a proposé en 2010 une charte à tous les recruteurs et agences d’intérim où les signataires s’engagent à sélectionner les candidats uniquement sur leurs compétences professionnelles et non sur des critères d’ordre personnel. Ils s’engagent également à ne pas utiliser les moteurs de recherche et les réseaux sociaux pour enquêter et à privilégier les réseaux professionnels plutôt que professionnels. Viadeo, le Medef, Monster, keljob.com ou encore le Syntec ont notamment signé cette charte.

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Mehdi Taieb,

Étudiant en master 2 Droit de l’économie numérique à l’Université de Strasbourg

 

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