La Blockchain, ou la prochaine révolution numérique.

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La « Blockchain » est l’infrastructure informatique de demain où chaque interaction est sécurisée. Cette technologie promet-elle le commerce sans argent ?matrix-pixabay_cle8796ca

Lors de la crise des subprimes de 2008, c’est l’ensemble des secteurs financiers qui a perdu sa crédibilité. Sanction immédiate et toujours de mise, les particuliers ne font plus confiance à leur banque. Dans ce climat difficile, Satoshi Nakamoto pose sur le papier le concept de « Bitcoin » (traité précédemment sur le blog), concept qui à pour objectif de se passer des institutions dans les échanges monétaires.

Alors comment faire de la banque sans la banque ?

C’est là qu’intervient la « Blockchain » (chaine de blocs). Il s’agit d’une technologie de stockage et de transmission d’information, transparente, sécurisée et fonctionnant sans organe central de contrôle. Sans contrôle ! Oui j’ai bien dit sans contrôle, ou presque.

Ce mécanisme de décentralisation de la confiance est connu notamment pour fonctionner avec la crypto-monnaie numérique et décentralisée nommée »Bitcoin« . D’autres plateformes existent néanmoins, comme Ethereum qui a enrichi cette philosophie en intégrant la possibilité de stocker du code dans un « Blockchain », de le faire exécuter et d’apporter la preuve de son exécution. Un peu technique, certes, mais ce qu’il faut retenir c’est que cette technologie cristallise aujourd’hui tous les espoirs de décentralisation et d’autonomie, faisant tantôt trembler les banques et la finance mondiale, tantôt réagir les États sur les incommensurables potentiels de cette technologie.

Certains prédisent à la « Blockchain » un avenir radieux, n’hésitant pas à la comparer aux révolutions passées telles que l’imprimante ou Internet. Preuve est faite par les millions de dollars de levées de fonds des start-up et à la course aux investissement lancée aux États-Unis depuis quelques mois.

Mais alors à quoi ce « grand livre comptable public, anonyme et réputé infalsifiable » va-t-il bien nous servir ? Les champs d’exploitation sont immenses, brevets, votes, certificats de toutes sortes ( diplômes, crédits), jeux, réservation d’hôtels, etc.

Si vous êtes perdus, voilà quelques explications

La chaine de blocs ou « Blockchain » redessine l’avenir de l’architecture des affaires. Cyril Grunspan, normalien et responsable de la majeure ingénierie financière de l’École supérieure d’ingénieurs Léonard de Vinci (Esilv) présente la « Blockchain comme un grand registre de transactions ouvert et accessible sur Internet, qui utilise un protocole de pair à pair pour authentifier toute opération réalisée entre deux personnes. Il permet ainsi de transférer des actifs, quels qu’ils soient, d’un acteur à un autre, sans qu’il soit besoin d’un tiers de confiance au centre du système. Ce fonctionnement anonyme avec des décisions irrévocables ressemble donc beaucoup aux premiers réseaux peer-to-peer (Skype, Napster, Kazaa) où chaque utilisateur devient en quelque sorte un acteur proactif du service et du réseau coopératif.

En bref, demain, chaque entreprise ou organisation aura sa propre « Blockchain » privée, sur laquelle elle construira ses processus métiers. Cette future génération d’infrastructures financières permettra l’audit et la mesure du risque en temps réel, pour autant qu’ils développent les spécifications logicielles.

Certaines malversations et détournements effectués avec les « Bitcoins » ont quelque peu écorné l’image de la « Blockchain », sans ôter pour autant de la puissance et de la sophistication à cette technologie.

Belle idée me direz-vous !

Mais une gouvernance distribuée est-elle vraiment souhaitable ? Qui décide ? La plateforme, le développeur, l’utilisateur ?

Face à ces interrogations, le « Government Office for Science » du Royaume-Uni tient ainsi à déconstruire certains préjugés, Extraits du rapport :« les systèmes de registres distribués ne sont pas aussi incontrôlables que certains pourraient les imaginer. Contrairement à la perception commune, leur architecture sous-jacente permet relativement facilement de tracer les transactions, et d’établir l’identité des personnes qui utiliseraient le système de façon inappropriée». « Les technologies de registres distribués ont le potentiel d’aider les gouvernements à collecter des taxes, à délivrer des prestations, des passeports, à enregistrer des titres fonciers, à assurer la chaîne d’approvisionnement de produits, et de façon générale à assurer l’intégrité des registres et services gouvernementaux. Pour le système de santé publique, la technologie offre la possibilité d’améliorer les soins grâce à l’amélioration et l’authentification des prestations de services et par le partage de documents en toute sécurité selon des règles précises. Pour le consommateur individuel de tous ces services, la technologie offre la possibilité, selon les circonstances, de contrôler l’accès aux données personnels et de savoir qui les a consultées ».

L’intérêt du gouvernement anglais souligne l’importance de cette technologie pluridisciplinaire ayant des implications tant sociales, éthiques qu’économiques.

A quand une prise de conscience aussi marquée en France ?

Désiré Bruckmann PhotoDESIRE BRUCKMANN
Analyste et Veilleur Stratégique
En cours de spécialisation en E-business et Webmarketing.
Étudiant en Master 2 « Commerce Électronique » (Université de Strasbourg) et titulaire d’un Master 2 « Marketing, Gestion Relation Client, Développement d’affaires ».

 

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