Attentats & Internet : gare aux hoax !

L’information voyage de plus en plus vite sur Internet. Les simples citoyens deviennent eux-mêmes éditeurs de médias grâce aux réseaux sociaux – parfois pour le meilleur et souvent pour le pire. Avec les récents événements survenus à Paris et à Bruxelles, certains n’ont pas hésité à lancer de fausses informations, rapidement rediffusées sur la toile. Mais comment discerner une vraie information d’un simple « hoax » ?

hoax(Illustration par Redsilverj — https://www.youtube.com/user/ReviewManify)

Un « hoax », késako ?

Derrière ce terme anglais un peu barbare se trouve un concept relativement simple : le « hoax » est un canular informatique. Autrement dit, il s’agit d’une fausse information, diffusée sur le net dans le but de tromper le public. L’origine du nom proviendrait de « hocus pocus », formule magique servant aux magiciens à détourner l’attention du public durant un tour.

Parmi les hoax les plus connus, on peut retrouver des informations très farfelues et qui datent parfois de plusieurs décennies. Virus informatiques capables de brûler votre disque dur, décès d’une célébrité, ou même la Tour Eiffel devenant une mosquée : on trouve de tout sur Internet. Et bien entendu, tout ceci est faux. Avec les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, des personnes ont diffusé de fausses vidéos en prétextant qu’il s’agissait d’images réelles prises dans l’aéroport. En réalité, les images provenaient de l’aéroport de Moscou et dataient de 2011.

 

Quel intérêt pour les hoax ?

On peut légitimement se demander quel est l’intérêt de diffuser en masse des informations erronées, outre la volonté de s’amuser un peu ou de générer des « likes ». De manière générale, l’auteur d’un hoax a des intentions malicieuses. Les conséquences d’un hoax bien ficelé sont multiples et conduisent à une désinformation importante. De ce fait, les personnes ont tendance à admettre de fausses rumeurs et à les faire circuler à leur tour. Cela conduit finalement à un engorgement des boites mail et des réseaux.

Plus important encore, les hoax peuvent atteindre l’image d’une personne ou d’une entreprise : de sérieuses atteintes à la e-réputation sont possibles et on tend alors à de la discrimination, punissable aussi sur Internet. Il y a également le risque que les personnes, à force de recevoir des informations erronées, ne croient plus aux vraies informations.

Autres cas plus sérieux : en juillet 2015, une fausse annonce de rachat de Twitter a fait grimpé son action en bourse de 5%. Jusqu’à ce que la vérité éclate, c’est la panique – une fois le calme revenu, on soupçonne fortement une arnaque bien montée. De même, la diffusion de fausses informations lors des attentats de Paris et de Bruxelles (fausses photos et vidéos notamment) démontre une volonté d’exploiter un moment de faiblesse (incitation à la haine, mise à l’écart de la concurrence avec images « exclusives », etc.)

Cependant, il arrive parfois que l’information erronée soit transmise de bonne foi : c’était le cas de l’employée d’une banque canadienne qui a fait circuler la technique du code bancaire inversé. D’après cette technique, en entrant à l’envers le code bancaire de sa carte bleue dans un distributeur, la police était immédiatement prévenue. Cette information a par la suite été démentie par les banques et la police. Mais au final, qui n’a jamais reçu d’e-mail de sa mère relayant une information non-vérifiée au préalable ?

 

Comment les éviter ?

On ne vous suggérera pas de bloquer l’adresse mail de votre mère pour éviter de recevoir ces fausses informations. En revanche, de nombreux sites Internet se consacrent à la vérification d’information et constituent des listes de hoax afin d’alerter et de sensibiliser le public. Parmi le plus connus, on trouve Hoaxbuster (le « casseur » de hoax) et Hoaxkiller (le tueur de hoax). Ces sites classent les informations selon leur véracité (vraie ou fausse). Il est possible de rechercher ou de soumettre un hoax afin de vérifier si l’information que l’on reçoit est avérée ou erronée.

Hoaxbuster propose même un « kit de survie 2.0 » (http://www.hoaxbuster.com/kit-de-survie-20) avec des outils gratuits, qui permettent une navigation Internet et une utilisation de son ordinateur de façon sécurisée. A présent, vous savez quoi faire la prochaine fois que vous doutez de la véracité d’une information !

 

Liens utiles et plus d’informations :

 

AlexandreMoureyAlexandre MOUREY (@AlexandreMourey) est étudiant en Master 2 de Droit de l’économie numérique. Passionné par le monde des nouvelles technologies et de l’audiovisuel, il participe à de nombreux projets sur Internet, notamment avec l’association FFL Production.

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1 réponse

  1. Infogérance dit :

    Le hoax, un fléau qui sévit depuis bien des années. Bien que les concepteurs de site, les moteurs de recherche conçoivent divers moyens pour l’endiguer, on n’a toujours pas une technique radicale pour les empêcher de polluer les sites et les résultats de recherche. Les plus courants que nous rencontrons souvent sont les annonces nécrologiques des stars alors qu’elles sont bien vivantes !

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