Uber, économie collaborative ou capitalisme?

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La stratégie utilisée par Uber et ses partisants consiste à opposer l’innovation de la firme et le monopole sclérosant des compagnies de Taxi.

Une stratégie qui sur le papier se présente comme étant de l’économie du partage mais qui est en réalité une plateforme tout à fait capitaliste. Pourtant le bon sens nous fait remarquer que le succès de cette plateforme, valorisée plus de 40 milliards de dollars, coïncide étrangement avec une période de chômage accrue.

 

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Selon les anciens chauffeurs de Taxi, Uber pressent la vraie économie capitaliste, un modèle qui fait se rencontrer une offre et une demande de service, non par l’intermédiaire d’une institution ou d’une firme spécialisée mais par une plate-forme numérique qui profite de la mise en réseau pour décentraliser l’investissement en capital vers tous les utilisateurs. Ce modèle serait de l’économie du partage et permettrait de contourner les institutions et de dynamiser l’économie en créant de nouveaux emplois !

A ce sujet les médias entretiennent une confusion, parce qu’il n’y a absolument aucun partage avec Uber, l’algorithme qu’il utilise étant une propriété privée, la firme ne faisant que créer un marché qui n’existe pas en concentrant une offre et une demande non marchande pour en faire un commerce. Cette marchandisation toujours plus importante des réalités humaines n’est ni plus ni moins qu’une subversion des rapports sociaux.

 

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Au fil des années tous les services ont été bousculé, les banques, les agences immobilières, le commerce et même la justice. Aujourd’hui, de plus en plus, les français optent pour un avocat en ligne plutôt que de se rendre dans un cabinet d’avocat pour avoir un conseil juridique. Il y a 3 ou 4 ans on a franchi une nouvelle étape, à l’aide d’un simple clic les particuliers s’improvisent un peu professionnels, dans des domaines tels que les taxis (Uber, VTS)  les coursiers (Take eat easy , Deliveroo) les loueurs de voitures ou encore les hôtels avec Airbnb.

Or, deux modes de gestion opposés président à la formation de l’information, le marché et le commun. Grace aux technologies on peut ainsi se réapproprier les grands biens communs qui ont été monopolisé par le marché que ce soit le savoir avec Wikipédia, le numérique avec le logiciel libre etc…Cette véritable économie du partage permet de détourner les intermédiaires et de reprendre en main la gestion des ressources qui sont vitales.

Il semble donc que l’économie collaborative de la société d’Uber soit loin de nous faire collaborer, et vise plutôt à nous isoler en faussant le marché, étendant ainsi la portée du capitalisme et reconnaissant toujours plus le marché comme le moyen le plus approprié, efficace, bénéfique pour la médiation des interactions entre individus. Uber n’a rien de nouveau : hétéronomie des services pour soutenir le marché de l’emploi.

 

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Alireza BARGAHI

Etudiant en Master II Commerce electronique

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