Le musée devient participatif grâce aux nouvelles technologies

L’intégration des nouvelles technologies, au sein des projets muséaux,  a marqué un tournant, en permettant une nouvelle forme de relation entre le musée et ses visiteurs. Actuellement, cette tendance est en train de s’accélérer. En effet, au-delà d’une interaction in situ, les institutions cherchent à développer une forme d’interactivité nouvelle à travers la mobilisation des techniques relatives au Web 2.0. Cette évolution illustre la montée en puissance des « pro-am » (professionnels amateurs), de plus en plus sollicités par les organisations pour leurs capacités à diffuser de l’information, à produire de la connaissance, voire à générer des œuvres.

Bean&whistler

http://victhevicar.blogspot.fr/2012/08/spanish-fresco-meets-mr-bean.html

Le tagging social

Le visiteur devient le nouveau « conservateur » des musées en ligne grâce à des outils comme la « folksonomie », qui représente la création par des non-spécialistes d’un système de classification collaboratif, décentralisé et spontané. Cette démarche permet à l’utilisateur de tagger les œuvres, d’inclure des points de vue hétérogènes. De cette façon, le web permet la coexistence de plusieurs axes de description pour un même objet. Cette association de « tags », aux contenus muséaux mis en ligne, élargit le cercle des amateurs en mettant fin à la coupure entre publics avertis et publics profanes.

            Ce moyen de décrire et d’accéder à une collection est de plus en plus testé et utilisé par les musées. Un des exemples les plus connus c’est le Steve.museum qui est un projet de collaboration multi-institutionnelle pour explorer le tagging social (la folksonomie) et développer des outils et des techniques qui facilitent l’engagement avec les collections des musées. Plusieurs structures aujourd’hui invitent leurs visiteurs à tagger les œuvres et les objets des collections afin de proposer, en plus de la terminologie des experts, une classification construite par les usagers (plus compréhensible et adaptée aux amateurs). Le recours à ces tags est ainsi un excellent moyen de faire découvrir de façon inattendue certains contenus muséaux à des internautes, sans qu’ils les aient volontairement recherchés.

  Le visiteur-acteur

Les outils du Web 2.0 jouent sur l’implication du visiteur dans la diffusion des messages à transmettre. Les différentes structures muséales établissent différentes stratégies de facilitation des actions de communication dans une logique de co-promotion. Ainsi, le visiteur est entré dans le rôle de responsable de communication.

            Les outils de cette co-promotion diffèrent selon les différentes institutions. Le musée d’art moderne de New York « MoMa » assure une présence proactive de ses visiteurs via You Tube Channel (MoMaVideos Channel). Le musée est aussi présent sur Facebook depuis 2008 avec près de 2 millions « Like » aujourd’hui.  

            La présence sur Facebook constitue un élément primordial dans la réalisation d’une stratégie de marketing participatif. Les photos, les vidéos, les articles et les événements sur Facebook peuvent être partagés et aimés par les visiteurs et de cette manière ces derniers sont engagés directement dans la communication et la transmission d’information.

            Un autre outil de diffusion utilisé par les musées est le blog. Le musée de Confluence entretient un blog au sein de son site web, qui permet des échanges avec son public. Plusieurs articles apparaissent, avec la possibilité de les partager sur Facebook ou Twitter. Il y a des musées qui permettent aux internautes de laisser des commentaires audio ou vidéo sur leurs blogs, comme Mattress Factory Art Museum de Pittsburg avec son outil MFIConfess : http://artyoucangetinto.blogspot.fr/2009/02/some-mficonfess-videos-from-this.html

            Une autre campagne de communication fascinante a été lancée en 2009 par le Metropolitan Museum of Art qui s’appelait « It’s time we MET ! ». Le musée a demandé à ses visiteurs de déposer sur Flickr des photos illustrant des moments vécus en famille ou avec des amis lors de leurs visites au sein du musée. Ces photos ont été sélectionnées et ensuite intégrées dans sa campagne de communication institutionnelle.

Le visiteur-créateur des contenus muséaux

Le stade ultime de la démarche muséale 2.0 est la participation de l’individu à la création artistique. Les musées adoptent de plus en plus le concept de consumer made. Il s’agit de permettre au visiteur d’apporter des pièces de la collection en ligne. Dans la logique de collaboration entre le musée et le visiteur, ce dernier devient lui-même créateur et fournisseur des contenus muséaux.

            En 2007, le Tate Museum a lancé une campagne sur son site web invitant des musiciens connus et des amateurs à composer des morceaux musicaux inspirés par les œuvres de la collection du musée. Cette co-création et participation immédiate à la conception des contenus muséaux, représente un moyen indispensable pour une meilleure visibilité des musées.

            En octobre 2014, le Columbus Museum of Art a lancé #MobilePhotoNow, un concours photos Instagram. Parmi 45 000 photos reçues de 90 pays, 300 photos sont accrochées dans le musée depuis le 06 février 2015. En 2014 aux Pays-Bas, le Stedelijk Museum a proposé à ses visiteurs de participer à une œuvre d’art unique.  Les visiteurs ont été impliqués dans la production de contenus vidéo. Avec Met Kids, une série de courts métrages d’animation, autour d’une œuvre majeure de la collection, a été réalisée dans le cadre d’ateliers pour enfants. Ainsi, à l’initiative du Stedeljik, ont été conçus des films à partir des dessins de ses visiteurs.

 

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Etudiante en Master 2 Droit de l’économie numérique et titulaire d’un Master Droit international et droit de l’Union européenne, je suis inspirée par l’évolution des NTIC et leurs problématiques juridiques. J’ai un vif intérêt pour  le droit de la propriété intellectuelle appliqué aux nouvelles technologies.

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1 réponse

  1. syziphe14 dit :

    Bonjour,

    Des musées français proposent-ils le tagging / folksonomie à l’heure actuelle ?
    Sur quels types de contenus ?

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