“Companion”, plus qu’une application, le “garde du corps 2.0” !

Email this to someoneTweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn0

A l’heure où le nombre d’applications mobiles ne cesse de croitre (en avril 2015, il y avait plus d’1,3 million d’applications présentes dans le Google Play Store), force est de constater que celles-ci s’ouvrent à des secteurs toujours plus variés, allant de la simple application ludique à des applications relatives au domaine médical. C’est dans ce contexte de croissance et de diversité des applications mobiles que quatre étudiants américains ont imaginé, au courant de l’année 2014, une application à la vocation pour la moins originale : rendre nos trajets plus sécurisants et sécurisés !

companion

Une application initialement conçue pour éradiquer les viols

Quoi que l’on en pense, la sensation de peur fait partie intégrante de la nature humaine ; et elle s’avére d’autant plus forte lorsque l’être humain se retrouve seul. Fort de ces constatations, qui conduisent parfois l’Homme à éprouver des sentiments désagréables (qui n’a ainsi jamais eu le réflexe de regarder par dessus son épaule afin de vérifier qu’il n’était pas suivi ?!), quatre étudiants de l’Université du Michigan ont créé une application nommée « Companion ». L’objectif premier de celle-ci se limitait à la volonté que plus aucune étudiante de leur campus n’ait peur en rentrant seule le soir. Une initiative plutôt bienvenue lorsque l’on sait qu’en moyenne une étudiante sur cinq est victime de viol sur les campus américains.

Ainsi, c’est en partant de ce constat et de cette volonté de rassurer les étudiantes américaines devant se déplacer au sein de campus universitaires qu’est né « Companion Safety App », un nouveau genre d’application proposant une sorte de « garde du corps » virtuel. Cependant, afin qu’une telle application puisse rencontrer le succès auquel elle semblait prédéstinée (dans la mesure où elle repose sur une volonté plus qu’honorable et qu’elle répond à une problèmatique bien réelle), fallait-il encore qu’elle soit efficace et simple d’utilisation.

Le « garde du corps 2.0 », comment ça fonctionne ?

De manière simplifiée, l’application prend la forme d’un système de géolocalisation qui permet de raccompagner virtuellement ses proches sans sortir de chez soi. Même si le principe ainsi énoncé parait simpliste, il n’en reste pas moins qu’il fallait y penser, et parvenir à le développer de manière efficiente. Cela semble être chose faite avec « Companion »…

En effet pour utiliser celle-ci, il suffit d’entrer dans l’application préalablement téléchargée par son utilisateur, son numéro de téléphone, le moyen de transport utilisé, la destination d’arrivée, et de choisir parmi ses contacts celui qui deviendra notre « companion » de voyage (ce dernier, n’ayant pas besoin d’avoir l’application installée sur son smartphone !). Une fois cette étape réalisée, grâce à la géolocalisation de notre téléphone, le « companion » de voyage choisi (et ayant accepté la demande) reçoit un plan depuis lequel il peut suivre en temps réel le déplacement de l’utilisateur jusqu’à son arrivée à bon port, façon « Google Maps ».

Mais l’application ne s’arrête pas là, bien au contraire ! Ainsi, si jamais le comportement de l’utilisateur semble inhabituel (changement de direction, chute du smartphone ou encore arrêt en chemin pendant plus d’une minute), l’application se charge d’avertir immédiatement par message le « companion » en question. Dès lors un compte à rebours de 15 secondes s’enclenche, et si la personne ne répond pas dans ce laps de temps pour indiquer que tout va bien, un bruit strident émane de son portable. De même, cette information transmise à notre « companion » lui permet de nous contacter pour vérifier que tout va bien. En cas d’absence de réponse, il peut alors lui aussi, par un simple clique sur un bouton, décider de joindre la police qui recevra notre position exacte.

Dans tous les cas, pendant qu’il se déplace, l’utilisateur voit la même carte que celle dont dispose le « companion », avec différents boutons en surimpression : « Call X », qui permet d’appeler le « companion » qui suit notre trajet, « I feel nervous », qui permet de signaler anonymement aux autorités locales une sensation d’insécurité, et « Alert mode », qui contacte directement la police.

En parallèle, pour renforcer encore la fiabilité du système et permettre un meilleur suivi de la personne, l’application demande régulièrement à l’utilisateur si tout se passe bien, par des messages ponctuels.

Un « companion » fidèle, universel et déjà très apprécié !

L’application reposant en partie sur un système de géolocalisation, il est légitime de se demander si celle-ci, en étant détournée de son utilisation première, ne permet pas de suivre quelqu’un à la trace voire de faciliter les pratiques de stalking. Cependant, même si ces craintes sont fondées, il n’en est rien, car « Companion » ne permet de suivre les déplacements d’une personne qu’une fois activée par l’utilisateur lui-même et seule la personne choisie comme « companion » est au courant de ce qu’il se passe. Impossible dès lors d’utiliser cette application pour traquer les faits et gestes d’une personne à son insu.

Cette hypothèse étant écartée, il est nécessaire de rappeler que le développement d’une telle application (et son succès, qui est indéniable outre-Atlantique) s’inscrit dans un contexte où les inventions ambitionnant de réduire le nombre d’agressions sexuelles sur le territoire sont multiples. En effet, du jean au soutien-gorge en passant par le vernis à ongles détecteur de GHB, les gadgets estampillés “anti-viol” sont toujours plus nombreux. Avec de telles innovations force est de constater que les jeunes femmes sont au centre du débat. Et s’il est indéniable que l’application est une bonne chose et pourrait permettre à de nombreuses femmes de se sentir davantage en sécurité, certaines voix estiment qu’elle contribue néanmoins à conforter l’idée que c’est aux femmes d’être sur le qui-vive, ce qui ne résout pas réellement le fondement du problème.

Cependant, si le projet initial avait plutôt vocation à se destiner à un public féminin, les créateurs ne cachent pas leur envie de voir des jeunes, comme des moins jeunes, hommes ou des parents utiliser l’application. En effet, elle pourrait également servir dans diverses situations, comme la surveillance d’un ami alcoolisé qui rentre seul ou pour les parents qui veulent veiller au retour de leurs enfants.

Quoi qu’il en soit, selon The International Business Times, des dizaines de milliers d’internautes dans le monde utilisent aujourd’hui une application mobile pour renforcer leur sentiment de sécurité. Ainsi pour celles et ceux qui seraient intéressés par une telle solution, sachez que l’application est disponible depuis 2015 en France pour iOS et Android, à la seule condition que l’on rentre notre numéro de téléphone en commençant par « 0033 ».

WYWYDRA_Alexis_PHOTO_2015DRA Alexis

Étudiant en Master 2 de Droit de l’Économie Numérique à la Faculté de Droit, de Sciences Politiques et de Gestion de Strasbourg, et membre actif de l’association MédiaDroit.

Email this to someoneTweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn0

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *