La France veut un système d’exploitation souverain

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La France veut un système d’exploitation souverain, les députés ont voté l’adoption d’un système d’exploitation souverain. La France semble faire une part vers l’indépendance dans le domaine du numérique. Le marché des systèmes d’exploitation est partagé par les géants du web que sont Microsoft et Google. Les députés ont profité de l’examen de la loi pour une République numérique pour introduire à l’article 16 de la loi « les conditions de la mise en place d’un système d’exploitation souverain avec un protocole de chiffrement des données. »
Un ambitieux projet pour la France

French OS

French OS

La loi pour une République numérique est actuellement en discussion à l’Assemblée nationale. Cette loi est la première à avoir été soumise à une procédure participative citoyenne. Le gouvernement a modifié certaines dispositions de la loi pour prendre compte des suggestions des internautes. Cette loi est portée par Axelle Lemaire chargée du numérique.
Ce sont les députés Delphine Batho et Laurent Grandguillaume qui ont présenté l’amendement. Cette proposition avait déjà été défendue par l’ancien ministre du redressement productif Arnaud Montebourg et le fondateur de la radio Skyrock Pierre Bellanger: « la souveraineté numérique est la maîtrise de notre présent et de notre destin tels qu’ils se manifestent et s’orientent par l’usage des technologies et des réseaux informatiques » (Pierre Bellanger)

Projet inspiré par les pays émergents

Logo de Linux

Logo de Linux

Cette problématique n’est pas nouvelle, les BRICS ont déjà essayé de contrer l’influence des géants du web avec des projets nationaux, certains ont réussi et d’autres ont échoué. La Russie a été l’un des premiers à vouloir créer un système d’exploitation local. Elle a réussi, en 2011, à créer un équivalent de Windows, mais les internautes russes n’ont pas adhéré à ce projet et le projet fut abandonné en 2012. En revanche, la Chine et l’Inde ont réussi à imposer un équivalent de Windows.
Concernant la Chine, plusieurs facteurs ont joué, notamment la capacité de l’État à imposer par la force son système d’exploitation. Concernant l’Inde, le marché des ordinateurs n’était pas développé. Alors qu’en Russie, la défiance envers le pouvoir n’a pas incité les russes à adopter le système d’exploitation et le marché russe était déjà arrivé à maturité.
Le contexte politique du projet
Aujourd’hui, l’environnement n’est pas favorable au gouvernement français, car, depuis les récentes lois de sécurité publique, il s’est développé une méfiance envers le gouvernement. Le gouvernement veut développer un système d’exploitation avec un chiffrement, pour protéger la vie privée des internautes.
Beaucoup d’internautes doutent de vraies motivations du gouvernement. Ils estiment que le gouvernement n’a pas de leçon à donner aux géants du web. Sur plusieurs forums, on peut lire « les données recueillies par ce système d’exploitation vont-elles être stockées directement dans les bureaux de la DGSI? ».

Les cibles du projet
Développer un système d’exploitation, mais pour qui? Dans une société vieillissante, la notion de sécurité devient un élément essentiel dans l’adoption d’une technologie. Vous ne pourrez pas convertir une génération qui vient tout juste de comprendre comme utiliser son ordination au quotidien et des techniques de geek.
En achetant une technologie, le consommateur veut acheter un service et une sécurité. Savoir que, si elle tombe en panne, il pourra appeler quelqu’un pour l’aider est aussi important que la technologie elle-même. Une population vieillissante est un consommateur des plus exigeant, qui ne laisse rien passer.
L’image qu’ont les utilisateurs d’ordinateurs des systèmes d’exploitation open source n’est pas encore suffisamment attrayante.
Une stratégie avec des implications financières

La France en crise

La France en crise

Le coût financier sera important, car le gouvernement sera obligé d’engager des développeurs compétents pour le développer. Les problèmes économiques de la France ne lui permettent pas de s’engager dans ce projet.
Ce projet révèle aussi les limites du grand projet européen, car il y a eu un échec dans la mise en place d’un cloud souverain. Les décideurs n’ont pas encore compris que le géant américain avait déjà gagné cette bataille. Pour obtenir notre indépendance numérique, nous devons être à l’origine de la prochaine révolution, nous devons créer les nouveaux usages dans la nouvelle économie.
La GAFA et Microsoft ont une valorisation boursière de 2 000 milliards de dollars, soit quasiment le PIB de la France. Technologiquement, la France ne pourra pas faire mieux que ces géants et elle ne peut pas mettre en place des barrières douanières. Sa seule possibilité est donc d’être le précurseur dans ce domaine.

 

Louchard Guillaume

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