L’économie numérique danoise

Email this to someoneTweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn1

     En 2015, le Danemark a le DESI* le plus élevé des 28 Etats membres de l’Union Européenne et excelle notamment dans l’e-administration, l’e-santé et dans l’intégration des technologies numériques par les entreprises.

 

Le Danemark a une excellente connectivité et 92 % de la population sont des usagers réguliers  de l’Internet. Fin 2014, 99 % des habitants avaient un accès haut débit. Le taux des habitants du milieu rural ayant un accès haut débit était de 97 %. Les services en ligne préférés des danois sont la banque en ligne et le commerce électronique. 81 % ont réalisé des achats en ligne et près de la moitié d’entre eux ont fait du e-commerce transfrontalier.

Concernant l’intégration des technologies numériques dans les entreprises, les danois exploitent complètement les possibilités offertes par les technologies numériques qui contribuent considérablement à la productivité et donc à la croissance du pays. 28 % des entreprises non financières de plus de 10 salariés utilisent les services du Cloud et 59 % utilisent la facture électronique (eInvoices) permettant, effectivement, de faire des gains d’argent mais surtout de temps. Ce dernier taux est nettement supérieur à la moyenne européenne qui est de 11 %.

69 % des individus retournent des formulaires remplis aux services publics. Les taux relatifs à l’e-santé sont plus surprenants: 92 % médecins généralistes transmettent en ligne des données médicales et 100 % de ces derniers transfèrent des ordonnances directement aux pharmaciens.

 

desi-2015-radial-dk_0tableau_danemark_desi

https://ec.europa.eu/digital-agenda/en/scoreboard/denmark

 

Alors que la moyenne européenne des échanges de données et d’informations médicales est de 36 % et 27 % pour les ordonnances électroniques, le Danemark a les meilleurs taux européens.

Depuis plus de 40 ans, il est attribué aux danois un numéro d’identité personnel unique qui permet la conservation, l’hébergement et la transmission des données et des informations médicales. De plus, une signature électronique est émise pour leur accès à la santé, à l’assurance maladie ou encore pour les formulaires officiels. En pharmacie, il suffit aux personnes de scanner leur carte d’identité pour que l’ordonnance s’affiche directement sur l’écran du pharmacien. L’ambulancier peut directement modifier ou compléter le dossier d’un malade pendant le trajet et les informations sont à jour pour les médecins. Aujourd’hui la quasi-totalité des médecins et des hôpitaux utilisent le dossier médical électronique.

Il convient de préciser qu’un Etat ayant une population de 5 600 000 habitants et 5 régions administratives, avec un peu plus de 3000 médecins généralistes, 330 pharmacies, 60 hôpitaux publics et un système de santé centralisé, est particulièrement réceptif au développement de l’e-santé.

 

En tête du classement des usagers d’e-administration, nous l’avons précisé plus haut, 69 % des danois retournent un formulaire remplis contre 33 % de la moyenne européenne.

Une loi de 2012, impose aux municipalités d’échanger leurs courriers avec les citoyens par courrier électronique. Ces derniers ont l’obligation d’avoir une boite aux lettres numérique sur le site de leur mairie. 80% des courriers entre services publics et citoyens se font par voie électronique. Seule les personnes âgées font exception à cette obligation. D’ailleurs, l’objectif visé par le gouvernement danois est de réaliser des économies afin de les investir dans les services publics notamment dans les services aux personnes âgées.

Cependant, le nombre important de données personnelles en ligne est inquiétant. Les citoyens danois affirment avoir confiance en leurs différents interlocuteurs mais aussi au système même, mais cela n’éradique pas les risques de piratage ou autres cyberattaques. D’autant plus que le gouvernement danois admet que la protection n’est pas absolue malgré un système très sécurisé.

 

* Digital Economy and Society Index : un indicateur permettant de mesurer la performance et l’évolution numérique dans l’UE

 

 

Sumeyye KAYACI

Université de Strasbourg

Etudiante en M2 Droit de l’Economie Numérique

Email this to someoneTweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn1

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *