Android Auto, un espion bien sympathique!

Les voitures intelligentes font leur apparition sur nos routes, désormais elles sont capables de rouler toutes seules. Ces avancées technologiques d’apparence formidables ne risquent-t-elles pas de limiter nos libertés individuelles ?android auto
A l’occasion du CES (Consumer Electronics Show) de Las Vegas qui s’est tenu du 6 au 9 janvier 2016, un grand nombre de constructeurs automobiles ont annoncés l’utilisation progressive des OS de Google et Apple pour les voitures. Ces systèmes d’exploitation conçus pour s’intégrer dans les tableaux de bord automobiles permettent aux smartphones et tablettes fonctionnant notamment sous Android et Apple de transférer leurs écrans et commandes vers le tableau de bord pour gérer le système multimédia (musique, téléphone main libre, cartographie, sms, navigation GPS, recherches web, etc.).

Le point sur la technologie

Le temps où les constructeurs automobiles mettaient en avant leur propre système de navigation ou de musique est révolu. L’hégémonie de l’utilisation des mobiles et du tout connecté a rendu l’intégration de logiciels externes moins coûteuse qu’un développement en interne. Notons également que les systèmes comme Apple CarPlay, Android Auto, Sync, MirrorLink sont bien plus simples d’utilisation et plus fiables que les systèmes natifs des constructeurs.

  • Android Auto est passé en version 1.5 fin décembre 2015 et intègre désormais quelques nouveautés, comme une aide au parking pour retrouver plus facilement son véhicule, une adaptation aux écrans de grandes tailles dans les voitures, la compatibilité avec les molettes et autres touchpad (pavés tactiles) pour les écrans non tactiles, ainsi qu’une meilleure reconnaissance vocale. Android Auto sera disponible chez un très grand nombre de fabricants automobiles (Abarth, Acura, Alfa Romeo, Audi, Bentley, Chevrolet, Chrysler, Dodge, Fiat, Ford, Honda, Hyundai, Infiniti, Jeep, Kia, Maserati, Mazda, Mitsubishi, Nissan, Opel, Renault, Seat, Škoda, Subaru, Suzuki, Toyota, Volkswagen, Volvo).apple CarPlay
  • Pour ce qui est de Apple CarPlay, qui lui aussi se connecte simplement via un câble USB ou bluetooth et propose sensiblement les mêmes fonctionnalités telles que Siri Eyes Free Mobile (assistant vocal d’Apple), la navigation GPS (Apple Maps), le téléphone, la musique, IMessage, Podctasts, Spotify, radio par internet (Stitcher). CarPlay est compatible avec les appareils sous iOS 7.1 et versions supérieures possédant un connecteur Lightning (depuis l’iPhone 5 et supérieur) et sur certains modèles de ces grandes marques (Audi, Ferrari, Honda, Hyundai, Mercedes-Benz , Volvo, BMW, Chevrolet, Ford, Jaguar, KIA, Land Rover, Mitsubishi, Nissan, Opel, Peugeot – Citroën, Skoda, Subaru, Suzuki, Toyota, Volkswagen)

Android Auto, le mouchard parfait ?

Aussi ergonomiques, conviviaux, faciles d’utilisation que soient ces interfaces, les deux géants américains n’en oublient pas moins leur business model (modèles d’affaires), à savoir collecter un maximum de données monétisables. A ce jeu, Google n’a pas son pareil pour agréger des données concernant ses utilisateurs. Avec Android Auto, le dispositif mobile du conducteur aura accès à plusieurs capteurs et entrées de l’automobile autres que les simples GPS, microphones et antennes. Il s’agit là bel et bien de s’introduire dans l’ordinateur de bord du véhicule pour accéder aux données de la voiture :

  • Vitesse du véhicule
  • Position du levier de vitesse
  • Température de l’huile moteur
  • Température du liquide de refroidissement Version du moteur

 

C’est pour cette raison que Porsche a annoncé son souhait de travailler sous conditions avec CarPlay jugeant Google « trop gourmand en données au point de menacer les secrets industriels du constructeur » estimant que les réglages secrets sont exposés de la sorte. Apple s’engageant, via SIRI, à n’avoir accès qu’aux données du smartphone sans les interconnecter aux données en ligne et ne connaître que la position géographique du véhicule pour améliorer la fiabilité de la localisation.

Face à cette controverse Google a réagi par le biais d’une déclaration au site The Verge. « Nous prenons la vie privée très au sérieux et nous ne collectons pas les informations techniques du véhicule décrites par l’article de Motor Trend », mais précise tout de même collecter d’autres données pour améliorer l’expérience utilisateur en demandant l’accord à ce dernier lors du premier lancement d’Android Auto.

Si Porsche ferme la porte à Android Auto, il n’en est pas de même pour les autres marques du groupe AVG (Audi Volkswagen Group). Dans les conditions générales de l’accord de licence avec Google, le groupe AVG indique clairement qu’il rassemble et utilise certaines informations concernant notre utilisation des “Solutions” conformément à sa Politique de Confidentialité.

Dès que vous installerez Android Auto et que vous cliquerez sur « ACCEPTER » ou « ACTIVER » ou une option similaire, vous accorderez à AVG un droit et une licence non exclusifs, non restreints, inconditionnels, illimités, mondiaux, irrévocables, perpétuels et gratuits pour utiliser, copier, enregistrer, distribuer, reproduire, divulguer, vendre, revendre, sous-licencier (à plusieurs niveaux), modifier, exposer, réaliser en public, transmettre, publier, diffuser, traduire, effectuer des œuvres dérivées, et exploiter autrement de quelque manière que ce soit tout ou partie des « Contenus Utilisateur » (données personnelles).

Dans ce cas précis, le respect des articles 32 à 36 de la loi 78-17 du 6 janvier 1978 relatifs au traitement des données personnelles, semble être respecté. Il reste tout de même à vérifier dans le détail ce que deviennent les données, où elles sont stockées, par qui elles sont utilisées ?

Et si demain, « Big Brother » savait exactement à quelle vitesse vous roulez, où et quand et qu’il vendait ces informations à votre assureur ou même aux autorités, seriez-vous d’accord ?

 

Désiré Bruckmann PhotoDESIRE BRUCKMANN
Analyste et Veilleur Stratégique
En cours de spécialisation en E-business et Web-marketing.
Étudiant en Master 2 « Commerce Électronique » (Université de Strasbourg) et titulaire d’un Master 2 « Marketing, Gestion Relation Client, Développement d’affaires ».

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