Les nouvelles extensions de noms de domaine : quels intérêts pour les registres ?

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Le dépôt de dossiers pour la création de nouvelles extensions de nom de domaine a eu bien plus de succès que ce que l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) n’attendait : 1930 dossiers contre les 500 prévus au départ. Toutes les entités, aussi bien privées que publiques, ont eu la possibilité de déposer une demande pour la création d’extensions.

Il s’agit d’une première dans l’histoire du Web. Elle devrait à long terme révolutionner le territoire numérique par la création d’un nouveau marché mais aussi par une nouvelle segmentation des secteurs économiques sur Internet.

Les possesseurs de ces nouvelles extensions –les registres– ne sont pas que des acteurs privés. Il y a aussi les acteurs publics, villes, régions, qui sont là pour faire une place à leur territoire sur le Web.

 

Les registres privés : des intérêts variés représentés par Google.

C’est un chiffre intéressant : trois entreprises ont déposé à elles seules 585 candidatures. Il s’agit, par exemple, de Google qui a déposé à lui seul 102  demandes pour un budget  de près de 20 millions dollars.  Cela montre qu’il y a un véritable intérêt à cette ouverture de marché mais aussi qu’il semble y avoir une véritable stratégie derrière ces acquisitions.

Tout d’abord, l’occasion pour ces « géants de l’Internet » d’accroitre leur champ d’activité et par là d’augmenter leur chiffre d’affaire paraît être une première motivation. Ils ont donc fait en sorte de sélectionner une large gamme de mots clés qui pourraient toucher le plus de clients. Si les mots qui ont été choisis peuvent paraître trop larges dans leur sens et parfois d’étranges choix, le chef  de l' »évangéliste technologique » de Google, Vint CERF a déclaré que ces extensions « étranges » avaient été acquises en raison de leur « potentiel intéressant et créatif« .

City GTLDS

Source : http://jess3.com/the-future-of-domains-icannlove/

 

Selon Godefroy JORDAN, président de l’entreprise Starting DotGoogle par ses acquisitions aurait aussi développé une stratégie offensive à l’encontre de Facebook car : « les pages web hébergées sur les nouvelles extensions constitueraient pour les marques de nouveaux espaces plus performants que les Fan Pages »

Le premier attrait que des marques ont pu voir à travers l’achat de leur propre extension de nom de domaine est une sécurité renforcée. En effet, ce type d’extension permet de rassurer l’internaute : tout site dont l’extension est le nom de la marque pourra être considéré comme site officiel de cette dernière.

L’achat de telles extensions a aussi un véritable intérêt marketing du fait des possibilités qu’elles offrent. Le développement de sites Internet ou encore d’adresses e-mails sans contraintes, sans limites mais surtout au gré du développement de nouvelles sous-marques, filiales ou encore d’actions marketings.

Par exemple, le directeur du marketing digital et des nouvelles extensions de Google, Hal BAILEY a déclaré que Google avec son extension .youtube pourrait autoriser aux utilisateurs d’avoir leurs propres sites en .youtube avec leur nom d’utilisateur. Les possibilités à ce niveau-là sont nombreuses. Ils pourraient créer un site par produit, proposer la création de blog  sous leur extension à des bloggeurs spécialisés dans leur domaine d’activité comme un blog avec des recettes de cuisines pour une marque de cuisines aménagées ou encore d’outils de cuisines. Avec cela,  les marques peuvent construire toute une communauté autour de leur marque et renforcer la fidélité de la clientèle.

 

Les registres publics : un simple intérêt de visibilité économique.

Du fait de leur statut public, ces registres ont tout d’abord un but simple et clair : contribuer au développement économique du territoire dont ils ont la charge, en fonction des caractéristiques du territoire en question, de sa force commerciale, de sa population, de son histoire et de sa culture. Nous allons examiner quels sont les buts et intérêts des extensions .paris.bzh et .alsace  tels qu’ils ont été développés dans leur dossier de candidature auprès de l’ICANN.

Le principal intérêt qui y est cité est la volonté d’augmenter la visibilité des commerces, des entreprises et des institutions avec l’idée de créer un véritable espace numérique local et plus particulièrement des activités relevant du tourisme, secteur très important dans ces trois territoires. Si la Ville de Paris mentionne surtout des secteurs qui définissent la ville comme la mode, l’art, la science et la culture, l’Alsace et la Bretagne y voient plutôt une occasion de développer leur identité et de la renforcer par cette présence sur Internet.

Selon Julien NEIL, responsable de la communication de l’AFNIC (Association française pour le nommage Internet en coopération), l’une des raisons pour lesquels les territoires veulent leur propre extension est qu’ils souhaitent augmenter leur rayonnement autant au niveau national qu’à l’international.

En vue de cela, l’Alsace a, vu une autre occasion à travers cette nouvelle extension : développer sa marque Imaginalsace créée en 2011. Imaginalsace est une marque partagée au sens où, créée et développée par la Région Alsace, cette dernière en accorde gratuitement l’utilisation aux acteurs économiques, culturels et sociaux alsaciens.

 

 

P1120802 - Copie

Camille SCHALLER

Etudiante en Master 2 Commerce Electronique à l’Université de Strasbourg, je suis passionnée par les multitudes de leviers qu’offrent l’e-marketing pour les marques, l’e-branding et l’évolution des communautés sur le Web.

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