Adressage IP : une ressource rare face à l’internet des objets

En 2014, le Gartner prévoyait que le nombre d’objets connectés serait de 25 milliard à l’horizon 2020. Le système d’adressage IP pourra-t-il supporter autant de connexions ?

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Source : http://www.01net.com/actualites/retour-vers-le-futur-nous-avons-essaye-le-tout-ipv6-568379.html

Les objets connectés sont dans l’ère du temps. Loin de se limiter au simple smartphone, ils se diversifient constamment et se spécialisent dans des tâches toujours plus variées, généralement pour alimenter des agrégateurs de données au profit des Big Data.

Leur développement est tel que les études prévisionnelles atteignent des chiffres vertigineux. Le Gartner estime par exemple à 25 milliards le nombre de ces objets online d’ici les 5 prochaines années, soit cinq fois plus qu’en 2015 où ils se décomptent tout de même à près de 5 milliards.

D’autres études vont même bien au-delà, telle que celle menée par Idate qui prévoie un nombre d’objets connectés de 80 milliards en 2020, contre 15 milliards en 2012. La raison de ces écarts numéraires tient principalement en la définition de la notion d’« objet connecté », mais également de la difficulté à dresser une estimation précise du nombre compte-tenu du très grand nombre de facteurs à prendre en compte pour le calcul.

Ajoutons à ceci le nombre constamment croissant d’internautes « conventionnels » dans le monde, qui selon les prévisions de GSMA devrait atteindre 4 milliards en 2020, soit la moitié de la population mondiale…

La toile ne cesse donc de s’étendre et d’accueillir de nouveaux terminaux. Cela se traduit bien évidemment par une demande croissante en bande passante qui pousse les FAI à investir lourdement dans le renouvellement et la mise en place d’infrastructures adéquates.

Mais cela implique également la nécessité d’attribuer une adresse IP publique à chacun de ces nouveaux connectés. Le problème est que l’adressage IP est limité, à la manière des numéros de téléphones traditionnels : il s’agit d’une ressource rare !

La limitation de l’adressage IP n’est pas une nouveauté, elle se fait sentir depuis quelques années. Le protocole IPV4 largement utilisé sur internet arrive en effet à saturation. Il faut dire que ce système date de la jeunesse de l’internet (et non du web), ce qui nous amène à l’antique réseau ARPANET et à la normalisation du protocole TCP/IP, en 1983.

A cette époque, où le nombre de connectés se limitait en tout à quelques milliers d’ordinateurs gérés par des établissements de recherche scientifique et une très marginale poignée de passionnés d’informatique, il était difficile d’imaginer que le nombre d’internautes atteindrait de tels sommets, au point de remplir totalement les tables de routage.

Cela signifie-t-il que l’internet est sur le point d’imploser ?

Heureusement non. Le nombre limité des adresses en IPV4 était prévu de longue date, notamment au moment de l’ouverture du world wide web au grand public, dès le début des années 1990.

Le nouveau protocole IPV6 est en cours de déploiement sur la toile. Il permet un espace d’adressage considérablement (et c’est un euphémisme) plus élevé que le protocole IPV4, dans la mesure où il permet des adresses en 128 bits contre 32 bits pour l’IPV4.

Cependant, son usage reste très minoritaire. La prise en charge de l’IPV6 n’est d’ailleurs pas homogène sur l’ensemble du réseau, ce qui implique des problèmes d’interopérabilité. A vrai dire, le taux de pénétration prévu pour l’IPV6 sur internet est de 50 % en 2020.

Si cette projection s’avère être au-dessus de la réalité, la saturation du système d’adressage IPV4 risque de se heurter à l’explosion du nombre d’objets connectés et d’internautes dans les 5 prochaines années.

Sans IPV6 point de salut !

Nicolas Babelon
Étudiant du Master 2 Droit et Gestion de l’économie numérique de l’Université de Strasbourg, je tâche de prendre la mesure d’un monde transformé par la grande révolution technologique que sont les TIC. Nouvelles techniques, nouveaux modèles économiques, nouveaux enjeux politiques et stratégiques, le numérique est en passe de devenir la locomotive à laquelle s’accrocheront les wagons de notre société contemporaine…

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