La « twictée » – Un nouvel espoir pour l’enseignement de l’orthographe ?

Le constat est flagrant : L’étude du baromètre Voltaire[1] montre que la maîtrise de l’orthographe est en chute : alors qu’en 2010, 45% les français ne maîtrisaient pas les règles d’orthographe, en 2015, ce taux a augmenté de 6 points. Cette étude se base sur les utilisateurs du Projet Voltaire (premier service en ligne personnalisé de remise à niveau en orthographe) qui se base sur 84 règles d’orthographe de référence.abc-27166_640

 

            Cependant, la maîtrise de l’orthographe devient de plus en plus importante notamment avec le web 2.0 : Ce qui a été autrefois réservé à une élite est maintenant accessible à tous : toute personne est contributrice universelle à une connaissance partagée. Tout le monde peut publier des commentaires, faire un blog et s’exprimer à l’écrit publiquement sur ce qu’il pense. Ainsi, les fautes d’orthographes deviennent également visibles publiquement.

            L’enseignement de l’orthographe prend alors une autre dimension. Il n’est plus le moyen pour une certaine élite de se distinguer mais il assure la participation sociale de tous, dans un monde régit par le numérique. Par conséquent, cet enseignement doit être accessible à tous et ainsi, rompre avec le modèle traditionnel des dictées qui, dans leur forme « classique », sont de plus en plus critiquées de la part des didacticiens car ils ne donnent pas assez d’outils et de stratégies pour développer une vigilance orthographique.

            Une nouvelle invention tente de lier l’exercice de la dictée avec une approche réflexive, la correspondance scolaire et l’intégration de nouveaux outils numériques : La twictée. Elle se base sur le concept de la dictée négociée, une dictée qui sert comme base de réflexion et de discussion sur la langue. L’enseignante dicte une phrase de maximum 140 signes aux élèves qui la notent dans leurs cahiers. Ils se mettent ensuite en groupe à deux ou trois pour en discuter. Les élèves sont mises en situation de réfléchir sur l’orthographe, d’émettre des hypothèses sur la bonne orthographe et ensuite de défendre leur point de vue devant les autres élèves de leur groupe. Ensuite, la phrase corrigée en groupe est envoyée à une des autres twittclasses qui se situent dans l’espace francophone (France, Canada, Togo, etc) et qui corrigera les phrases. Ils établissent ensuite des #twoutils qui contiennent la correction du mot mal orthographié et la justification orthographique.

            Ainsi, l’activité de la dictée et de sa correction devient une activité motivante pour les élèves et développe des stratégies efficaces d’orthographe. Fabien Hobart, conseiller pédagogique et Régis Forgione, professeurs à l’origine des twictées, et d’autres enseignants qui utilisent ce nouveau dispositif témoignent du succès de cette approche.

            Les twictées ont le potentiel de réconcilier les Français avec l’activité détestée de la dictée et à jumeler des nouvelles recherches didactiques et la psychologie cognitive avec une prise en compte de la réalité des élèves. Ainsi, l’école contribue à la formation du citoyen d’une société de l’information et de la communication.

[1] http://www.projet-voltaire.fr/documents/barometre_voltaire.pdf

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