Le numérique au cœur de l’éducation française

Les collégiens auront à disposition des tablettes et des ressources en ligne (manuels, exerciseurs, jeux sérieux). Le numérique permettra “un apprentissage individualisé, au rythme de chacun”, juge le ministère de l’Education nationale. 

La rentrée scolaire de septembre 2015 ne sera pas comme toutes les autres rentrées

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En effet le « plan pour le numérique à l’école » sera testé dans 300 écoles et dans 300 collèges, et si tout va bien sera appliqué à l’ensemble des établissements scolaires dès septembre 2016.

C’est suite à une grande concertation nationale sur le numérique à l’école qui a eu lieu de mi-janvier à début mars, et qui a réuni plus de 10 000 personnes que de telles décisions ont été prises.

Ainsi, dans les 600 établissements concernées, les élèves auront dès septembre, des tablettes comme support et des ressources pédagogiques numériques adaptées.

Concernant la première partie du projet, c’est-à-dire le lancement dès septembre 2015, un appel à projet afin de sélectionner 300 collèges ainsi que 300 écoles pionniers a été lancé. Les 72 « collèges connectés » » ayant été labellisés en 2013 par le ministère seront en principe retenus d’office, de plus il devrait y avoir au moins 50 collèges appartenant aux réseaux d’éducation prioritaire.

Les candidats avaient jusqu’au 24 avril pour se manifester.

L’exécutif affirme que les élèves et les enseignants disposeront d’un équipement individuel dans les établissements tests. Ce projet a pour but de diffuser des services et des contenus innovants, simplifiant l’apprentissage qui sera individualisé. De plus, il aidera les élèves en stimulant leur autonomie et leur créativité. Le matériel sera fourni aux classes de 5ème.

Les écoles candidatant pour disposer dès septembre 2015 d’un tel dispositif devront soumettre un projet pédagogique cohérent. Mais ce n’est pas le seul critère qui sera pris en compte lors de la sélection des écoles. En effet, les infrastructures des candidats devront permettre l’installation du projet. Ainsi, au plus tard lors de l’automne à venir, les collèges devront avoir un débit internet d’au moins 10 Mb/s, des dispositifs collectifs de visualisation interactive, mais aussi des bornes Wi-Fi.

Si les collèges doivent répondre à beaucoup de critères, l’État de son côté s’engage à fournir des aides financières. Ainsi, les écoles sélectionnées recevront 30 euros par an pour chaque élève et chaque enseignant disposant d’un équipement individuel, dans le but d’acquérir des ressources pédagogiques numériques accessibles en classe, mais aussi hors de la classe, grâce aux équipements de l’école.

De plus, les départements s’occupant des collège auront la possibilité d’avoir une subvention de 380 euros par élève mais aussi par enseignant, pour que l’obtention d’équipement soit simplifié.

En dernier lieu, les écoles auront 500 euros afin d’acquérir les ressources pédagogiques numériques ainsi que 6 000 euros concernant les équipements en appareils mobiles.

Les équipements mobiles donnés aux jeunes devront être adaptés aux élèves concernant leurs usages, leur poid mais aussi leur dimension et devront également favoriser les activités de production numérique.

L’équipement devra donc répondre à ces exigences : posséder une mémoire minimale de 16 Go, avoir une caméra, un écran tactile d’une taille supérieure à 9 pouces, le poids maximal devra être de 1,2 kg, une coque de protection devra être fournie et enfin l’autonomie d’utilisation devra être de 8h.

Une formation de prise en main de l’appareil mais aussi la mise à disposition d’un espace de stockage et de partage des données des utilisateurs devront être fournis.

Le but du gouvernement est donc de tester ce plan au numérique avant de l’installer sur la totalité du territoire.

Manuel Valls, actuel premier ministre, aurait confié au recteur M. Jean-Marc Monteil, une mission qui devrait aider à définir une nouvelle politique numérique pour l’Education nationale. Le but étant de mettre en avant « des initiatives nationales et académiques sur le numérique, en lien avec les acteurs et partenaires de l’école, afin d’émettre des propositions structurantes pour la formation et l’accompagnement des équipes, mais aussi de collecter, évaluer et susciter de nouvelles expérimentations ».

Cependant, il existe certains détracteurs à cette réforme, comme par exemple Roberto Casati (Directeur de recherches au CNRS, il est aujourd’hui rattaché à l’École polytechnique. Il poursuit des recherches interdisciplinaires en tant que philosophe des sciences cognitives. ), selon lequel :

 «L’innovation n’est pas une valeur en elle-même l’une des missions de l’école est de former au numérique. Cela ne signifie certainement pas changer la pédagogie et la faire virer au numérique ! Cela signifie expliquer ce qu’est un ordinateur, comment fonctionnent les systèmes de recommandation et de recherche [par exemple sur Google], etc. Paradoxalement, pour comprendre le numérique, un cours de statistiques serait plus utile que de transporter une tablette dans son cartable»

De plus François Hollande a parlé de la création d’une grande école du numérique qui selon ses termes “sera chargée de diffuser ses formations partout sur le territoire en plus de ce qui va être fait dans le cadre de l’enseignement“, en pointant une perspective de création d’emplois.

Celle-ci devrait voir le jour en septembre, et sera chargée de « diffuser ses formations partout sur le territoire en plus de ce qui va être fait dans le cadre de l’enseignement » toujours selon les mots de l’actuel président de la république.

Axelle Lemaire, secrétaire d’État au Numérique a travaillé sur ce projet. Selon elle, les trois prochains éléments devront être respectés :

tout d’abord ces formations devront durer entre 3 et 24 mois. Il n’ y aura pas besoin de prérequis académique et un label sera créé.

L’école sera dans les faits une entité, actuellement sans nom, qui coordonnera et labélisera des structures locales, qui auront la charge de dispenser les formations.

Il est envisagé que d’ici septembre, 50 structures seront labellisées, puis par la suite que 10 000 jeune puissent être diplômés par an.

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Judith HALLEL
Etudiante en Master 2 Gestion et Droit de l’Economie du Numérique à l’Université de Strasbourg, le droit de la propriété intellectuelle et le monde du numérique sont des domaines pour lesquels j’éprouve un fort intérêt. Ces matières sont des atouts à l’ère du numérique, de la communication et des réseaux sociaux.

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