Aujourd’hui les drones, demain la sécurité?

Depuis plusieurs années, le drone est une technologie en pleine croissance. Ainsi, que vous soyez un adepte du pilotage d’engin volant télécommandé à basse altitude, un amoureux de la photo panoramique aérienne ou encore un professionnel qui décide d’innover, voire d’apporter sa contribution au marché, le drone civil séduit une population disparate. Cependant, son côté séducteur est proportionnel à la méfiance qu’il suscite sur deux terrains principaux et interconnectés : le terrain légal et le terrain sécuritaire.Bertrand article drone

Du jouet pour adulte au survol d’installations sensibles
S’il y a encore peu de temps la technologie du drone était réservée au domaine militaire, la pénétration de ce dernier dans la sphère civile a rencontrée un franc succès. Or comme tout succès qui provient d’une nouvelle technologie innovante, les dérives arrivent vite et sont souvent incontrôlées, voire incontrôlables, la faute à un terrain légal souvent flou et indécis. Le législateur a donc sorti quelques textes en 2012 pour tenter de réguler et de réglementer l’usage du drone. Mais après quelques temps de pratiques réglementaires, et quelques sanctions exemplaires telles l’arrestation le 14 mars 2015 d’un agent de la CNIL qui faisait voler son engin, force est de constater que non seulement le cadre légal reste assez flou, notamment pour les profanes, mais les dérives continuent de subsister malgré la menace de l’activation de l’arme judiciaire.

Or de telles dérives, si elles pouvaient apparaitre incongrues au début de la survenance de cette technologie, commencent à en rendre certains de plus en plus inquiets. En effet, les autorités françaises constatent de plus en plus de drones survoler des sites sensibles telles que des centrales nucléaires ou tout site sensible. Rappelons qu’un drone peut peser jusqu’à moins de 25 kg et embarquer une “go-pro” ou n’importe quel type de matériel de capture photo ou vidéo. Entre l’ivresse humaine d’outrepasser volontairement un cadre légal ou la volonté terroriste d’enregistrer, voire d’actualiser des données concernant les systèmes de sécurité de sites sensibles, il n’y a malheureusement qu’un pas. Pour rappel, la France est un pays doté d’une cinquantaine de réacteurs nucléaires : la défaillance de sécurité d’un seul de ces sites pourrait éventuellement conduire à une véritable catastrophe.

Du drone à l’anti-drone

Alors quid? Des entreprises alertes sont en ce moment sur la brèche et certains projets commencent à voir le jour pour anticiper la lutte contre les drones. Ainsi, une start-up allemande a développé le dispositif “Cyborg Unplug”. Ici le but est avant tout de s’attaquer aux systèmes externes de drones, tels que des éventuels équipements de capture photo ou vidéo, afin de protéger la vie privée de tout à chacun. En effet, la loi Informatique et Libertés ainsi que le droit à l’image continue de s’appliquer, même dans le cas de l’utilisation d’un drone. De fait, si vous filmez quelqu’un sans avoir obtenu son consentement préalable ou alors que vous utilisez les données personnelles recueillies par le drone à des fins illicites, vous vous rendez coupables d’une infraction à la loi française. Ici gît notamment l’une des craintes majeures de bon nombre de particuliers : le potentiel des drones à violer l’intimité de la vie privée ou le droit à l’image des personnes. Pour rappel, la sanction de l’article 9 du code civil peut se faire tant sur le plan civil que sur le plan pénal.

Or ce genre de systèmes, s’il convient parfaitement pour des maisons de particuliers, apparait bien “léger” pour protéger des sites sensibles. Là encore, de nombreux projets sont actuellement en cours de test, et certains pourraient peut être dans un futur proche calmer les ardeurs de pilotes de drones un peu trop “aventureux” aux abords de certaines zones sensibles. D’une part, quoi de mieux que le drone pour lutter contre le drone? C’est en tout cas ce que propose IMST GmbH, à savoir un drone qui, couplé à l’utilisation de radar 3D haute précision, identifierait des drones avoisinant les sites sensibles et brouillerait leur réception de signal GPS pour les neutraliser, voire en prendre le contrôle. Cette technologie permettrait peut être de marquer un premier temps pour l’usage des drones dans la sécurité et garantir une certaine sérénité aux abords des sites sensibles français. Dans tous les cas, certains pays ont déjà pris les devants et sont moins “regardants” sur la manière de neutraliser les drones “voyeurs”. C’est notamment le cas de la Chine qui a réussi avec succès il y a 4 mois à mettre au point une arme laser de défense anti drone. En outre, moins de 5 secondes après sa détection, l’engin se voit vaporisé même s’il se déplace à grande vitesse et ce à une distance de 2 km. Malgré le côté légèrement cocasse d’un tel cas de figure, la situation reste néanmoins sérieuse et le projet d’immatriculation des drones pourrait peut être déjà commencer à mieux identifier les fauteurs de troubles.

Si dans le futur vous apercevez des centrales nucléaires effectuer des tirs laser vers les cieux, il ne s’agit donc pas d’un ingénieur qui met au point une techno parade, mais bel et bien d’un système de défense à destination des sites sensibles.

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