L’inquiétante pratique du Swatting

La pratique du swatting, qui a vu le jour aux Etats-Unis à la fin des années 2000, commence à s’exporter en France. En effet, le 10 février dernier, le GIGN débarquait chez Bibix, un streamer français, suite à un appel alarmant prétendant que l’individu voulait tuer sa femme. Ce genre de péripéties tend à se multiplier ce qui inquiète les autorités.

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Le swatting, qu’est-ce que c’est ?

La pratique consiste en le fait d’appeler les autorités afin de faire croire que quelque chose de tragique se trame et ainsi envoyer les unités d’élite chez la personne piégée. Les plaisantins glanent le plus d’informations possibles sur leur cible pour que leur témoignage ait l’air crédible et ainsi faire croire aux forces de l’ordre qu’un évènement tragique est sur le point de se produire. Pour enjoliver l’ensemble, le numéro de téléphone de la personne que l’on souhaite piéger est utilisé pour passer l’appel en se servant de son adresse IP et ainsi permettre à la police de retrouver l’adresse exacte. Ce sont le plus souvent les brigades d’intervention d’urgence qui sont déployées (le SWAT) car les scénarii imaginés au cours des faux appels sont souvent tragiques (prises d’otage, meurtres).

Le plus souvent, le swatting a lieu alors qu’un joueur est en train de diffuser sa partie sur twitch ou un autre service de streaming pour que celui-ci soit filmé en direct et que le contrevenant puisse se délecter de son méfait. C’est ce qui est arrivé à un streamer français qui était en train de diffuser sa partie de DayZ. Il a vu des officiers du GIPN débouler chez lui lourdement armés pour l’interpeller après qu’une personne ait fait croire qu’il venait de tuer sa femme. La méprise a rapidement été mise en lumière et le streamer relâché. Il s’est même représenté à son auditoire pour les rassurer.

Une pratique illégale :

En plus de ne pas être spécialement marrante, puisque le fait de voir débarquer une horde de policier chez soi a de quoi choquer, cette mode tombe sous le coup de la loi ce qu’a rappelé la police nationale via Twitter. Tout d’abord, l’article 322-14 alinéa 2 du Code pénal réprime le fait de donner une fausse information de nature à faire se déplacer de façon inutile les secours par 2 ans d’emprisonnement et 30 000€ d’amende. Ensuite, l’infraction pourrait être qualifiée au regard de l’article 226-10 du même Code de dénonciation calomnieuse puisqu’il s’agit d’une dénonciation factice de faits graves pouvant entrainer des sanctions judiciaires. Ce sont des éléments à prendre en compte avant de se lancer dans une telle entreprise, d’autant plus qu’il est relativement aisé de remonter la source de l’appel.

Aux Etats-Unis, plusieurs condamnations ont déjà eu lieu pour ce genre d’incidents et plusieurs Etats légifèrent pour réprimer plus sévèrement le swatting. Par exemple, en Californie, l’infraction est sanctionnée d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 5 ans ainsi qu’un remboursement des frais engendrés par le déplacement inutile des forces d’intervention. La facture peut très vite devenir salée pour un simple canular.

Thomas  SCHMIDT  Etudiant en M2 Droit de l’économie numérique car passionné par les nouvelles technologies qui sont désormais au cœur de la société et qui soulèvent de nouvelles problématiques, notamment juridiques et éthiques. Au-delà de ça, je suis également féru de sport, et particulièrement le football que je pratique en club. J’ai la chance de pouvoir mettre mes compétences en la matière au service des parieurs sur www.mediapronos.com en proposant mes analyses pour la Ligue 1.

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