Les réseaux sociaux : nouvelle arme de la propagande djihadiste 2.0

Lutter contre le terrorisme tout en garantissant la liberté d’expression, concilier la sécurité des internautes et les libertés fondamentales du numérique, voilà les nouvelles difficultés auxquelles vont être confrontés les réseaux sociaux et plus généralement l’internet.

Il semblerait que les terroristes de l”Etat Islamique aient décidé d’utiliser en leur faveur les réseaux sociaux, tant pour recruter, faire de la propagande (poster des photos de djihadistes posant au soleil par exemple) que pour terrifier.réseaux sociaux, internet, législation, terrorisme

Des exemples d’utilisation d’internet par les djihadistes

La vidéo de l’assassinat du journaliste, James Foley, a d’abord été diffusée sur Youtube puis sur Twitter. Certes, Youtube a retiré au plus vite la vidéo, mais les réseaux sociaux ne sont pas encore organisés pour lutter contre un tel phénomène.

Twitter par exemple a supprimé plusieurs comptes liés à l’organisation terroriste mais le réseau utilisant un contrôle a posteriori, le mal était déjà fait. L’autre problème concerne les contenus choquants, car tant qu’ils ne sont pas orientés vers une personne ou une entité déterminée, ceux-ci ne sont pas interdits.

Début octobre, l’histoire de Léa, jeune française voulant partir faire le djihad a confirmé le rôle des réseaux sociaux dans l’embrigadement islamiste.

La jeune fille raconte comment les recruteurs au djihad l’ont abordée via Facebook, un jour où elle postait un message dans lequel elle se montrait particulièrement vulnérable. Suite à ce message, des personnes l’ajoutaient comme amie virtuelle sur ce même réseau social et ont commencé à lui parler du djihad et du bien qu’elle pourrait faire en Syrie. Leur parlant régulièrement et se confiant à eux, la jeune fille s’est coupée de tout et désirait alors quitter la France pour la Syrie.

La lutte contre les djihadistes s’avère donc compliquée.

Les moyens légaux français de lutte

Les réseaux sociaux ont déjà l’obligation de sanctionner les contenus glorifiant le terrorisme, cela leur étant imposé par la loi pour la confiance dans l’économie du numérique (LCEN).

Selon l’actuel ministre de l’intérieur français, M. Bernard Cazeneuve, les entreprises concernées se doivent de mettre en œuvre tous les moyens à leur disposition afin d’empêcher la prolifération de pages appelant à la guerre sainte. Si nécessaire, elles peuvent essayer de développer de nouveaux logiciels dans ce but.

Depuis le 15 septembre, l’assemblée nationale étudie un projet de loi visant entre autre à rendre légal le fait de bloquer les sites faisant l’apologie du terrorisme. De plus, les enquêteurs seraient autorisés à utiliser un pseudonyme pour échanger avec les personnes soupçonnées d’être des terroristes.

Selon ce texte, la moitié des signalements à l’office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication concernerait les réseaux sociaux en 2013.

Les réactions à l’échelle européenne en vue de lutter contre le djihad par internet

Une réunion s’est tenue le 9 octobre à Luxembourg concernant l’antiterrorisme. C’est dans cette optique qu’il a été fait appel aux principaux acteurs d’internet, un jour plus tôt, afin qu’ils s’associent à la lutte contre cette forme de terrorisme moderne. Aucune réelle innovation n’est sortie de cette réunion mais les principaux acteurs de ce secteur se sont engagés à mieux contrôler les contenus mis en ligne par leur intermédiaire.

Gilles de Kerchove, coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme estime que la tâche ne sera pas simple en raison du très grand nombre de sites concernés.

C’est dans la deuxième décennie du 21e siècle que le monde découvre une nouvelle dérive d’internet : la « djihadosphère », compliquée tant à déterminer, puisqu’il n’existe pas d’algorithme permettant de savoir que l’on se trouve sur le compte d’un terroriste, qu’à vaincre.

Judith HALLEL

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