« Binge watching »

On connaissait déjà le « binge drinking », et le « le binge eating », le fait de boire ou manger le plus, et ce le plus rapidement possible, c’est aujourd’hui du « binge watching » que l’on parle. Avec l’arrivée imminente de Netflix en France, cette nouvelle tendance s’inscrit bien dans la durée.

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L’expression est définie par le Oxford English Dictionary comme le fait de « regarder de multiples épisodes d’un programme de télévision à la suite, souvent au moyen de DVDs ou de streaming en ligne ». Le « binge watching » consiste donc à visionner des séries durant des heures, enchainant les épisodes jusqu’à même y passer des week-ends entiers. Le phénomène n’est pas nouveau puisqu’il existait déjà avec les coffrets DVD des séries entières, mais il se développe davantage avec la démocratisation des plateformes de streaming en ligne.

L’époque où l’on attendait chaque semaine le nouvel épisode d’une série pour le visionner à la télévision est bien révolue. Aujourd’hui nous avons à notre disposition des séries entières que l’on peut visionner dans un temps record.
Selon une étude commandée par Netflix (dont l’arrivée en France est prévue pour septembre) la moitié des téléspectateurs américains regarderaient une saison entière en moins d’une semaine via cette plateforme.
En effet, Netflix met à la disposition des utilisations des séries entières, et ce dès leur premier jour de diffusion (système qui a également été testé par Canal+)
Ainsi, la moitié des spectateurs interrogés finiraient une saison (jusqu’à 22 épisodes) en une semaine. 25% des sondés ont fini un drame de treize épisodes en deux jours, contre environ 16% pour une comédie de 22 épisodes. Une étude Nielsen relayée par le Wall Street Journal rapporte que 88% des utilisateurs de Netflix regardent au minimum trois épisodes de la même série par jour.

On observe sur Internet deux doctrines qui s’affrontent :

Les pro-binge watching, définissant cette pratique comme un moyen de se relaxer, de passer du bon temps, de se couper de la vie de tous les jours pour déconnecter des tracas quotidiens.

Alex Soojung-Kim Pang, auteur de The Distraction Addiction rapproche  même cette pratique de ce que Stephen Kaplan (professeur de psychologie à l’Université du Michigan) appelait les « expériences réparatrices » : des moments passés à observer la nature qui nous absorbent/nous fascinent sans nous demander de réel effort de concentration et nous permettent ainsi de « réparer » notre esprit fatigué.

Cette nouvelle habitude permettrait même selon Shay Colson, un ingénieur en cybersécurité, une façon de se concentrer de façon longue et continue sur quelque chose, ce qui permettrait de reprendre le contrôle sur notre propre gestion du temps. En effet, avec la multiplication des contenus à courte durée (Snapchat, YouTube…) nous ne prenons pas autant conscience du temps passé sur ces outils qui peut-être s’élèver au même niveau que le temps passé à regarder une série.

Mais des groupes prônant le «  non au binge watching » fleurissent sur Internet discréditant cette activité qui ne serait pas respectueuse du rythme de la fiction et donc de l’intégrité des épisodes. Cela réduirait la série uniquement à ses « cliffhangers », soit son suspense.
Elle évoque également le « couch potato » qui désigne une personne affalée durant des heures sur son canapé visionnant la télévision tout en mangeant des chips et buvant du soda. Elle renvoie à des notions d’excès voire même de visionnage maladif.

Mais qui n’a jamais passé une soirée, une nuit, voire un week-end à lire un livre ou regarder des séries ?
Tapez le titre de votre série préférée pour savoir combien de temps vous avez passé devant sur Tiii.me

 

Albane Villemin

Etudiante du Master 2 Commerce électronique

 

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