Télécoms : vers une extinction du réseau cuivre ?

Dans quelques mois, la mission confiée à Paul CHAMPSAUR sur l’extinction du réseau cuivre devrait rendre son rapport. À l’heure où le Très Haut Débit se déploie massivement sur le territoire, la question de l’extinction pure et simple du réseau cuivre mérite d’être posée.

Le réseau cuivre : un réseau durable ?

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Crédit photo: http://www.rtflash.fr

Le réseau Internet tel qu’il fonctionne actuellement en France est basé sur une technique vieille de plusieurs dizaines d’années : le réseau cuivre. Les connexions sont ainsi acheminées par des fils de cuivre, dit autrement via les lignes téléphoniques. 33 millions de lignes cuivre fonctionnent actuellement.
De nombreux services se sont d’ailleurs développés sur cette technologie : le fax, les systèmes de surveillance etc.

Le réseau cuivre fait l’objet d’une modernisation depuis plusieurs années. Des sous-répartiteurs sont convertis en répartiteurs, le dégroupage se poursuit, ou encore le déploiement du VDSL 2.
Cette dernière technologie apporte pour plus de 2,7 millions de foyers le Très Haut Débit à domicile, à savoir un débit supérieur à 30 Mbits. Le 10 juillet 2014, le comité d’experts cuivre de l’ARCEP a indiqué que le VDSL 2 serait étendu aux lignes en distribution indirecte.
L’ARCEP explique que le VDSL 2 qui permet aujourd’hui à 8,7% des lignes d’avoir accès au Très Haut Débit grâce au VDSL 2, bénéficiera désormais à 14,5% des lignes. Le nombre de lignes éligibles au Très Haut Débit grâce au VDSL 2 devrait donc dépasser les 3 millions. [1]

Le réseau cuivre, bien que vieillissant et coûteux à entretenir continue donc à fonctionner. John Cioffi, inventeur de la technologie DSL (qui permet de faire circuler des données sur une ligne cuivre et donc plus seulement la voix) estimait il y a quelques semaines que « le cuivre sera encore là dans 100 ans » [2]. Le cuivre aurait donc encore de beaux jours devant lui. Cette affirmation se trouve d’ailleurs renforcée par l’expérimentation récente d’Alcatel-Lucent d’une technologie XG-Fast, permettant d’atteindre les 10 Gbits sur une ligne cuivre sur une distance de 30 mètres.

Le fibre optique : solution complète ou simple alternative ?

Le déploiement du Très Haut Débit sur le territoire national consiste à déployer en majorité des lignes en fibre optique, afin d’obtenir des débits supérieurs à 30 Mbits. Plus le débit augmente, plus les usages sont facilités.
Les avantages de la fibre optique sont connus : débit plus élevés, pas de perturbation des signaux proches, atténuation du signal plus faible. Dit autrement, la fibre optique offre une bien meilleure qualité de réseau.
Pour autant, le réseau câble (technologie déployée par Numéricable), ou encore les technologies de modernisation du réseau cuivre montrent que la fibre optique n’est pas la seule solution.
Sur certaines parties du territoire, une modernisation du réseau cuivre coûtera bien moins cher que l’installation de liaisons en fibre optique.

La mission CHAMPSAUR qui rendra son rapport final en décembre 2014 envisage plusieurs hypothèses [3] : un maintien du réseau cuivre, un maintien du cuivre tout en encourageant à basculer sur d’autres technologies et enfin une extinction programmée du réseau cuivre.
Quelle que soit la solution retenue, il faut souligner que l’extinction même progressive du réseau cuivre posera plusieurs difficultés.

Certaines technologies seront difficilement reproductibles (fax, systèmes de surveillance notamment) sur des lignes en fibre optique. Il faudra en outre poser le problème de la formation : former davantage de personnes compétentes pour l’installation et la maintenance des lignes en fibre optique, recruter plus de personnel, ou encore faire évoluer les carrières voire opérer des reconversions.

De plus, le remplacement massif du cuivre par la fibre optique posera de vrais enjeux industriels : toutes les filières devront être mobilisées pour faciliter l’extinction du réseau cuivre. Sur ce point la France peut compter sur la société Acôme, puissante entreprise fabriquant notamment des fibres et câbles optiques.

Reste enfin la question du coût du basculement, qui sera certainement supérieure à celle du déploiement du Très Haut Débit sur tout le territoire : soit plus de 20 milliards d’euros. [4]

Le rapport final de la mission CHAMPSAUR sera donc étudié avec le plus grand intérêt, afin de mettre en place les réseaux de demain.

[1]http://www.arcep.fr/

[2]http://www.lesechos.fr/

[3]http://www.localtis.info

[4]http://www.francethd.fr/

 

Adrien Ramelet

Adrien RAMELET Etudiant en M2 Droit de l’économie numérique, passionné par les nouvelles technologies et plus spécifiquement par le cloud computing, l’opendata, les smartgrids et les robots. logo Twitter couleur LinkedIn couleur Viadeo couleur Logo mail couleur

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