Candy Crush ou Candy krach?

« Candy Crush » est tout simplement le jeu le plus joué au monde actuellement puisqu’en février  dernier, 97 millions de personnes en moyenne par jour ont y joué.

Notons que « Candy Crush Saga » de l’éditeur  King  est numéro un sur le réseau social,suivi de « Farm Heroes Saga » et de « Pet Rescue Saga » en troisième place.

jelly_bean_jar_800x600-800x600Ce jeu est d’une simplicité et d’une facilité remarquable puisqu’il correspond parfaitement à tout ce que nous proposent les nouvelles fonctionnalités du Smartphone. Le but du jeu est très simple, aligner horizontalement ou verticalement sur un écran des bonbons ayant la même couleur dans le but de les faire exploser et ainsi gagner des points et monter en niveau.

Mais il s’avère que ce jeu à des effets addictifs du fait qu’il peut se pratiquer n’importe où, n’importe quand, du moment que l’on a cinq minutes. L’engouement pour ce jeu reste inexpliqué pour certains joueurs, alors que d’autres l’expliquent par des facteurs liées à l’effet de mode et des nouvelles tendances.

King Digital Entertainment, l’éditeur de « Candy Crush Saga »  à l’origine de ce succès planétaire, souhaite préparer son entrée à Wall Street selon le document déposé mercredi 12 mars dernier, la société estime sa valorisation autour de 5,5 milliards d’euros (7,6 milliards de dollars). Les banques telles que Bank of America, Credit Suisse et JPMorgan Chase, suivent cette introduction au New York Stock Exchange et de ce fait cautionnent l’opération.

Laurent Michaud, directeur d’étude à l’Idate (think tank dédié à l’économie numérique), explique l’état du marché des jeux en ligne et les ressorts du succès des jeux sur les réseaux sociaux. Il estime que l’industrie du jeu en ligne vit actuellement des expériences exemplaires dont jouissent les leaders du secteur tels que Supercell  de Finlande, King  et  Zynga  des Etats Unis, qui sont trois cas très différents, mais ce qui les lie réellement est leur succès et le succès que connaissent les jeux en ligne.

Le cas de King, la société anglo-suédoise, récemment immatriculée en Irlande, est encore différent. Cette société existait déjà et a développé une audience importante et massive sur son site Web. Ce n’est qu’après que l’entreprise s’est mise à encourager et accompagner son public pour la rejoindre sur Facebook.

En effet, l’éditeur King s’est rendu compte que l’avenir pour les jeux en ligne réside dans des applications ludiques et pluri-plateforme et qu’il doit aussi investir ailleurs, notamment sur les Smartphones et tablettes. La conquête de nouveaux clients à grand renfort de budget communication et marketing s’avère donc essentielle. L’éditeur King, conscient de l’attrait et du potentiel des plateformes mobiles, a changé son modèle économique sur le réseau social et aussi a rapidement basculé sur les plateformes mobiles.

L’affaire est prometteuse pour la simple raison que le chiffre d’affaires de King Digital Entertainment a été multiplié par onze en 2013 – passant à 1,88 milliard de dollars –  et  son bénéfice par soixante-douze, passant à 568 millions de dollars. Ces chiffres émanent du principe de ce jeu qui est gratuit et qui en même temps fait payer des éléments permettant de progresser plus vite dans le jeu.

Le risque est que  « Candy Crush » crashe et éclate comme une bulle, ce qui serait un désastre pour la société King  qui repose sur ce jeu et qui constitue les trois quarts de son chiffre d’affaires.

D’après des experts, Le cycle de vie d’un jeu sur Facebook est d’environ trente-six mois. En termes d’audience, la phase ascendante dure environ six à huit mois, ce taux d’audience se stabilise pendant une douzaine de mois et régresse pendant environ dix mois. La désaffection progressive est  logique et pour y remédier, la solution est d’introduire des nouveautés et l’innovation tout au long du cycle du jeu. Cette démarche constitue le seul moyen pour retarder l’échéance car il est difficile de reproduire le même succès, car les joueurs se lassent et à tout instant, un autre jeu peut surgir vu que  la barrière à l’entrée sur ce marché est technologiquement basse.

Le jeu « FarmVille » en est l’illustration. Ce qui nous pousse à se poser la question suivante ; Comment peut-on expliquer l’engouement puis la désaffection des joueurs en terme de ce que offre le jeu?

Dans ce contexte de succès pas forcément durable mais momentanément fulgurant, les gains espérés sont importants et permettra à King sans doute de passer à un stade supérieur en termes d’internationalisation et de volume d’activité de cette dernière. Personne ne maîtrise l’exacte formule du succès. Cependant,  l’investissement en communication et en marketing permet de limiter les risques et l’entrée en Bourse (New York Stock Exchange) permet d’avoir de quoi le financer.

 

Loukmane ABOUSSAID

Étudiant en Commerce électronique, passionné de l’univers du web et concerné par le reporting et la visualisation des données.

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