Internet : quels défis pour la médecine ?

Depuis plusieurs années, Internet voir apparaître de nouveaux sites d’informations médicales, basés sur le principe de l’échange entre internautes et même entre médecins et patients. Ces nouvelles plateformes, si elles peuvent avant tout apporter une révolution dans le secteur de la santé, ne sont pas pour autant sans poser de nombreuses questions.

De la prescription à l’automédication

La relation médecin-patient se caractérise par le diagnostic que fait le médecin après avoir ausculté le malade. À la suite de ses observations, le professionnel délivre un diagnostic et une prescription, par exemple la prise de médicaments sur une durée donnée.

Avec Internet, la relation entre le praticien et son patient se trouve grandement bouleversée.

En effet, le premier réflexe du malade n’est plus de prendre rendez-vous chez son médecin, mais plutôt de se rendre sur Internet afin d’établir lui-même une sorte d’auto-diagnostic en fonction des symptômes qu’il perçoit. Ce n’est qu’après cette première étape d’auto-auscultation que le patient va décider de se rendre chez son médecin. Quand bien même il décide de le faire, puisque bon nombre de patients décideront de se rendre directement chez leur pharmacien après avoir consulté un site Internet médical. C’est ce que l’on nomme l’automédication.

Au premier rang des sites du web médical figure Doctissimo, qui selon une étude de janvier 2012 comptait plus de 8,6 millions de visiteurs uniques par mois. Le médecin, en plus de son rôle traditionnel, devra faire preuve de pédagogie en expliquant, ré-expliquant ce que son patient croit savoir, sous prétexte qu’il l’a lu sur Internet.

En outre, de véritables sites Internet de conseil médical par de vrais médecins ont vu le jour. Sur le plan déontologique, cela pose différentes questions appréhendées par le Conseil National de l’Ordre des médecins.

De la prescription faite en bonne et due forme, la relation médicale se traduit de nos jours par de l’automédication : le malade décide de se soigner lui-même sans même avoir recours à une consultation médicale. Les habitués ayant pour réflexe de s’auto-diagnostiquer eux-mêmes en recherchant de l’information médicale sur Internet ont même eu droit à un nom : les cybercondriaques.

Médecins – patients : vers une relation dématérialisée ?

Au-delà de la question de la prescription médicale, ce qui est au cœur des enjeux de la médecine à l’ère d’Internet est la relation entre le professionnel et ses patients. Il s’agit de la dématérialisation de la relation médecin-patient, qui s’est traduite en France par une réalisation majeure, à savoir le Dossier Médical Personnel (DMP). Depuis le 5 janvier 2011, tout patient peut demander la création d’un DMP lors d’une consultation médicale chez un professionnel équipé ou auprès d’un établissement de santé. Le but majeur d’un tel dispositif est d’améliorer l’efficacité de la relation médecin-patient. En lieu et place des papiers habituels conservés par le patient (comptes-rendus hospitaliers, radiologiques, allergies) ce dernier dispose de tous ces documents en version informatique. Il peut les consulter au moyen d’un accès sécurisé. Juridiquement, les enjeux sont importants. Tout professionnel de santé n’a pas forcément accès à ce dossier (le patient pouvant refuser l’accès à son DMP à certains professionnels de santé). Sur le plan de la conservation et du stockage des données, il est primordial que les données demeurent stockées de façon durable, intègre, sécurisée et surtout en toute confidentialité.

De plus, un certain nombre de départements ont décidé de saisir cette opportunité de la e-santé en proposant par exemple de la consultation à distance à travers la télémédecine.

La relation médecin-patient poursuivra dans les prochaines années son processus de dématérialisation, mais elle ne devra pas se faire sans le respect essentiel des règles déontologiques liées à l’exercice de la médecine. Sans oublier que la sécurité numérique sera au centre de cette nouvelle relation, les conséquences d’une faille de sécurité étant trop importantes pour qu’elles soient admissibles. Médecine et nouvelles technologies poursuivront leur chemin, avec pour but de réduire l’inégalité d’accès aux soins.

Plus d’informations sur le DMP : http://www.dmp.gouv.fr

 

Adrien Ramelet

Adrien RAMELET

Etudiant en M2 Droit de l’économie numérique, passionné par les nouvelles technologies et plus spécifiquement par le cloud computing, l’opendata, les smartgrids et les robots.
logo Twitter couleur LinkedIn couleur Viadeo couleur Logo mail couleur

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.