Quelle est la place de l’éthique dans les nouvelles technologies ?

Depuis deux décennies, le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) touche toutes les sociétés jusqu’au quotidien des individus : ordinateur, portable, GPS, scan corporel etc. Quelle est la limite dans le traitement des données personnelles, en matière de biométrie, géolocalisation, vidéo- surveillance, identification ? Selon quels principes se guider pour prendre une décision ? La tâche est plus difficile que jamais parce que ces technologies soulèvent aussi des défis politiques et juridiques. L’éthique intervient alors pour clarifier où sont les lignes rouges…

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Crédit photo: http://www.insidearm.com

Comment peut-on définir l’éthique de l’informatique? Selon Wikipédia, elle est une branche de l’éthique appliquée qui traite de la façon dont les usagers et les professionnels de l’informatique font un usage de l’information et prennent des décisions au regard de critères éthiques.

Les technologies de la communication sont à l’origine de nombreux bienfaits pour la société, permettant la création de nouveaux outils et de nouvelles modalités d’interaction entre les individus. Cependant, ces derniers ont suscité de nouvelles préoccupations quant à la protection de la vie privée : la gestion de l’identité numérique, la biométrie, la technologie de la RFID etc…

Pour guider la prise de décision et pour fournir un certain nombre d’éléments de réponse à des questionnements éthiques, l’UNESCO à publié en 2007 une étude intitulée “Ethical Implications of Emerging Technologies” préparée par Mary Rundle et Chris Conley de l’ONG Geneva Net Dialogue, un projet conjoint de Harvard et Stanford Law School.

Cette étude est originale par le fait qu’elle énumère, à partir de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, un certain nombre de problèmes que les diverses technologies soulèvent. Son objectif est de tracer des lignes directrices claires et de sensibiliser aux problèmes et principes éthiques pour défendre les valeurs fondamentales de liberté, d’égalité, desolidarité, de tolérance et de partage des responsabilités.

De même, en février 2012, le Groupe Européen d’éthique des Sciences et des Nouvelles Technologies auprès de la Commission Européenne a élaboré des recommandations sur les questions éthiques que soulève l’expansion rapide des technologies de l’information et de la communication. Ces recommandations du GEE ont un caractère général et incluent l’accès aux TIC, l’identité, le commerce électronique, la protection de la vie privée, la protection des données et diverses questions sociales liées à l’utilisation des TIC dans l’Union Européenne et dans le monde.

Et donc, quelle est vraiment la place de l’éthique à côté de toutes les réglementations juridiques déjà existantes? Nous disposons des grands principes des lois européennes et internationales pour déterminer les lignes rouges, nous en connaissons les mots clés (consentement, légitime, proportionné, transparent, responsable, contrôle judicaire, respect de la vie privée, dignité humaine…), mais comment traduire cela en pratique et en outils efficaces ? Comment aider des sociétés démocratiques à respecter des normes raisonnables ? La question n’est pas de limiter le développement des TIC en elles-mêmes, mais de se demander s’il y a des alternatives à la surveillance croissante, d’être plus clair sur le double usage, de clarifier les brèches potentielles du dispositif juridique… Mission difficile, délicate, mais nécessaire pour l’éthique.

 

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Mariana Opris
Etudiante en Master 2 Droit de l’Economie Numérique à l’Université de Strasbourg.
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1 réponse

  1. K. M. dit :

    > Les technologies de la communication sont à l’origine de nombreux bienfaits pour la société

    Rétrospectivement, ce sont plutôt des nuisances (application militaire, captation et dégradation des métiers et savoir-faire, extension sans limite de la « gestion » des individus et des groupes, etc.)

    À lire sur le sujet : La Liberté dans le coma, Groupe Marcuse, éditions La Lenteur.

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