Herbier 2.0 : La botanique à l’ère du numérique

Le numérique au service de la botanique ? Pourquoi pas. Considérée comme la plus grande collection de plantes du monde avec plus de 6 millions de spécimens, la Galerie Botanique du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris finalise la numérisation de son héritage.

6505981-l-herbier-du-museum-reprend-des-couleurs (1)Pour fêter ses 220 ans, la Galerie Botanique du Muséum d’Histoire Naturelle s’est offerte un lifting à 26,2 millions d’euros (15 millions pour le bâtiment, et 11,2 millions pour les collections). Après quatre ans de travaux, le joyeux désordre qui régnait dans ce lieu est devenu un espace organisé et propice à la recherche et à la pédagogie.

La rénovation a permis de numériser l’intégralité des 6 millions de spécimens dont dispose la galerie. C’est le premier grand herbier du monde qui a pris cette initiative technologique de grande ampleur devant ceux de Washington, New York, Londres et Edimbourg.

Le Muséum a ainsi confié à une entreprise privée spécialisée la charge de scanner chaque mois 200 000 espèces pendant 30 mois. Il a fallu pour cela innover et inventer un nouveau scanner. En effet, afin d’éviter la détérioration des spécimens en les retournant, un outil de numérisation inversée a été mis au point pour ces besoins spécifiques.

Les images numérisées ont ensuite été stockées sur un serveur. Les clichés ont été mis à disposition des scientifiques et des amateurs sur le site Web du Muséum. Grâce à cela, un travail collaboratif a pu être mis en place. En effet, un herbier comprend également des renseignements écrits à la main par les botanistes. La retranscription de l’ensemble de ces données est un travail titanesque. C’est pour cela que le Muséum a fait appel à des amateurs pour remplir cette mission de transcription afin de créer la base de données informatiques.

Ce travail de numérisation permettra d’ouvrir une source d’information essentielle pour la recherche. En effet, étant la seule base de donnée de cette ampleur à l’heure actuelle, les ressources du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris deviendront une référence pour les botanistes du monde entier. Au delà d’un devoir de conservation et de mémoire, selon Thomas Haevermans, cet outil de connaissance fait le lien entre les travaux des différentes générations de scientifiques. Les plantes se détériorant avec les années, la numérisation apparaît ainsi comme un outil de pérennité et de transfert de savoir pour les générations futures.

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Roland MÉRELLE
Étudiant en droit de l’économie numérique passionné par les nouvelles technologies, la communication/marketing, la propriété intellectuelle, ainsi que  la création de sites web et leurs référencements. Vous pouvez consulter mon profil sur Linkedin et Twitter ou me joindre par Mail

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1 réponse

  1. Sylvain dit :

    Je trouve que la numérisation de la botanique est une mauvaise idée. En effet, les chercheurs risquent de se contenter des images numériques et de ne plus faire des recherches sur les vraies plantes. En plus, numériser la biologie, c’est une quelque sorte la dénaturer à mon avis.

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