L’identité à l’ère du numérique

La globalisation des échanges marchands et non marchands, la diversification des formes de vie privée et la perte d’enracinements sociaux ont modifié la façon de caractériser l’individu. La construction de l’identité à l’ère numérique pose de nombreuses problématiques au sein de la relation qu’entretient l’environnement numérique avec la société.

Identité à l'ère du numérique

Lorsque identité et numérique s’entrechoquent

Avec l’avènement de l’ère du numérique, les évolutions technologiques sont au cœur de l’ensemble des mutations sociétales. Dans un monde de plus en plus connecté où chacun est architecte de son identité,  les innovations technologiques ont une grande emprise sur la socialisation des individus.

« L’informatique doit être au service de chaque citoyen. Elle ne doit porter atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques. » 

Article 1 de la Loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978.

L’univers du numérique bouleverse  la construction de l’identité. Les liens sociaux sont aujourd’hui démultipliés par les outils de communication. Paradoxalement, les contrôles de ces outils sont toujours plus forts alors qu’il n’a jamais été aussi facile d’usurper l’identité de quelqu’un. Cela pose le problème majeur entre le droit fondamental au secret, à la liberté de chaque citoyen et le droit à la sécurité de tout citoyen. D’une part, chaque être numérique qui maîtrise un outil technologique souhaite que cet outil ne porte pas atteinte à son identité, de telle sorte que le défaut de liberté peut être perçu comme une mesure d’enfermement. D’autre part, le citoyen souhaite se voir protégé des nouveaux phénomènes de cyber-délinquance  par des mesures de surveillance qui lui permettraient de ne pas perdre confiance en l’outil qu’il utilise. En ce sens, Fleur Pellerin, ministre de l’Économie numérique, a annoncé la reprise du projet d’identité numérique “Idénum”,  label qui permettra aux internautes de s’assurer de la protection de leurs données lorsqu’ils navigueront sur un site qui en sera pourvu. Il apparaît ainsi que le développement de l’économie de l’innovation soit conditionné par l’existence d’un niveau suffisant de sécurité sur la toile ce qui semble aller directement en contradiction avec l’idée originelle d’un Internet ouvert et anonyme.   Vie privée, encadrement juridique et pédagogie Derrière les choix technologiques se retrouvent de véritables enjeux de société tant les innovations présentes et à venir s’apprêtent à modifier la conception même d’individu. Que ce soit  par les technologies biométriques  en tant que « corps identité » (Touch Id Apple), les identités connectées (e-reputation) ou l’identité mémorisée (maîtrise des traces d’informations), nos données personnelles sont  constamment collectées et parfois à notre insu. D’autant plus qu’à l’ère du numérique 2.0, nous sommes passés d’une problématique de fichiers à une problématique de traces. Les réglementations françaises et européennes de protection des données ne semblent pas complètement armées (IP tracking). Ce capital de vie privée qu’il appartient à chacun d’utiliser avec prudence se doit d’être épaulé par un ensemble de réglementations qui viendraient réguler l’utilisation de ces traces de connexions. Il apparaît ainsi essentiel d’aller au-delà du processus d’autorégulation et de fixer un cadre juridique clair et opposable à tous. La proximité de l’adoption et de l’interprétation des règles de droits aux évolutions technologiques semble alors indispensable. Au-delà d’un cadre légal, il apparaît essentiel de maîtriser son identité numérique. Plus que la simple e-reputation, il s’agit d’apprendre à ne pas être débordé par l’espace du web. Les choix techniques qui engagent des choix de société doivent être l’affaire de tous, ce qui suppose un effort pédagogique à l’intention des citoyens. Il est nécessaire que l’ensemble des informations essentielles à la bonne compréhension des enjeux ne se limitent pas aux simples techniciens, professeurs et scientifiques. Le progrès technologique n’est pas une fin en soi mais un outil au service des individus et de la société.

 

Ludovic PoidevinLudovic Poidevin
Etudiant en Droit de l’économie numérique passionné par le Droit de la propriété intellectuelle, la protection des données personnelles et les nouvelles technologies.
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1 réponse

  1. 22 février 2014

    […] et e-marchands d’adapter efficacement leurs prix. Or, dans une société numérique où l’identité numérique de chacun tend plus à la transparence qu’au maintien du secret de la vie privée, on ne peut reprocher aux […]

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