Un coffre fort numérique pour les journalistes ?

Le magazine The New Yorker a annoncé, mercredi 15 mai 2013, qu’il lançait la fameuse « Strongbox » (coffre fort). Ce nom ne vous dit peut-être rien mais c’est une vraie petite révolution pour les journalistes et internautes. En effet, la création de cette boîte informatique sécurisée va permettre aux internautes d’envoyer des documents sensibles à la rédaction du magazine américain dans le plus grand anonymat. Le point fort de Strongbox repose sur l’utilisation de Tor (« The Onion Router »). Ce dernier est un réseau mondial décentralisé qui rend les connexions anonymes. Ce logiciel libre est très utilisé par les militants (par exemple les militant chinois) afin qu’ils communiquent en toute discrétion, ils assurent ainsi leur propre sécurité.

Envoyer des documents ou un article via Strongbox aux journalistes du New Yorker offre la garantie que ces derniers ne peuvent avoir accès à l’adresse IP ou à toute autre information qui permettrait d’identifier l’expéditeur.

The New Yorker proposait, déjà en 1925, une adresse postale destine à l’envoi de documents sensible. Celle-ci se trouvait inscrite en petits caractères à l’intérieur du magazine. A l’ère du numérique, The New Yorker souhaite ainsi poursuivre cette idée avec la Strongbox.

strongbox Source : newyorker.com

Les fondateurs de ce projet sont Kevin Poulsen journaliste au magazine Wired et le célèbre Aaron Swartz, cofondateur de Reddit et farouche défenseur des libertés sur Internet. Strongbox était d’ailleurs l’un de ses derniers projets. Malheureusement, il s’est suicidé peu avant son procès fédéral pour avoir volé et mis à disposition 4,8 millions d’articles scientifiques universitaires. Fidèle aux principes de Swartz, le code DeadDrop est en open source et donc accessible à tous. Les médias peuvent donc installer une boîte similaire. En France, Mediapart avait lancé une initiative en 2011, FrenchLeaks. Le site proposait aux internautes d’y déposer leurs documents d’«intérêt public» en ligne. Malheureusement, le site n’a pas connu le franc-succès de son grand frère anglo-saxon. FrenchLeaks n’a en effet plus rien publié depuis août 2011. Interrogé à ce sujet, le journaliste Edwy Plenel estime que la France est moins réceptive à la culture de «lanceur d’alertes» que les pays anglophones.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.