Attentat de Boston : Les internautes mènent l’enquête et accusent

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Lundi 15 Avril 2013, la ville de Boston a été touchée par un attentat. A quelques mètres de la ligne d’arrivée du marathon à 14h50 heure locale, un bruit retentissant effraye la foule, c’est dans les cris de peur que deux bombes de fabrication artisanale viennent d’exploser faisant 3 morts et 176 blessés. A peine quelques minutes plus tard, les publications sur les réseaux sociaux commencent à apparaître, des messages de soutien aux familles et des messages d’inquiétude.

Comme à l’accoutumé, Internet et les réseaux sociaux constituent une source d’information en temps réel, l’ampleur de l’évènement fut de taille. Concernant les informations pour rassurer les proches, le web a mis de manière immédiate des éléments en place, Les réseaux sociaux Twitter et Facebook ont été les premiers relais. Une page Facebook du nom de « Boston safe and Well » a été créée pour poster de courts statuts assurant que chacun était en vie. Sur cette même page un lien vers la croix rouge permettait d’indiquer son état, et Google Person Finder qui permettait de signaler la survie d’une personne ainsi que d’effectuer des recherches sur les disparus.

Les mesures d’urgences prises en charge, les autorités en charge de l’enquête ont ensuite fait appel aux témoins susceptibles d’apporter des éléments pour identifier des suspects potentiels. Une récompense de 50 000 dollars était promise à celui ou celle qui arriverait à donner une information susceptible de retrouver les coupables. Le bilan est sans appel, des milliers de photos et de vidéos sont publiées. Très rapidement, une vraie frénésie gagne les réseaux sociaux et plus particulièrement Reddit (site communautaire américain) qui met en place la page « Trouvons le terroriste de Boston », s’en suit alors la plus grande enquête participative en ligne jamais réalisée.

Chaque internaute se sent investi d’une mission et publie tous les éléments en sa possession et en va des spéculations et de ses propres analyses. Chacun publie ses photos en image « brute » et tente d’en donner une explication et de lancer des hypothèses, les internautes repèrent les détails incongrus, les personnes suspectes et les dévoilent. D’autres mettent en relief les détails (en les entourant de rouge ou en les fléchant)  et compilent des montages qu’ils publient sur des sites comme « Boston Tips » ou sur le site d’hébergement d’images « igmur ».

A aucun moment dans ces démarches, nous ne savons si tous ces éléments sont envoyés à la police ou au FBI ou s’ils restent sur les réseaux sociaux. Une volonté d’aider la police, un simple jeu ? Nous sommes en mesure de nous poser la question mais l’engouement pour cette traque au coupable semble prendre des propensions énormes.

Les pistes les plus sérieuses et redondantes sont regroupé dans un google document libre d’accès et rempli par des utilisateurs anonymes. Toutes les informations sont classées par sujet, et les spéculations les plus évoquées y figurent ainsi que les principaux suspects. Certains internautes en arrivent à des conclusions hâtives et se permettent d’accuser sur la toile le coupable qu’il pense avoir identifié.

Comment justifier la photo publiée à la une du new york post montrant les deux suspects présumés trouvés dans le google document que nous avons évoqué précédemment ? Nous pouvons aisément comprendre que l’un des coupables présumés ait paniqué en voyant cette photo.

A l’heure où chaque individu peut être un témoin connecté équipé de technologies de communication numérique, comment les journalistes peuvent ils contrôler les premières informations et ébauches d’histoire ? A l’heure où nous parlons d’anciens médias, il parait primordial d’innover avec un journalisme web 2 .0, il s’agit pour eux de gérer la surabondance de données et de préférer qualité et authenticité de l’information plutôt que vitesse de publication.

Le magasine The Atlantic évoquent un abus certain en expliquant les dérives possibles des réseaux sociaux « tous ces “justiciers” en herbe n’ont pas saisi la portée de leurs actes, et pensent que ce qu’ils font en ligne n’a pas la même portée que dans la vie réelle”. Ainsi, la maitrise des informations via les réseaux sociaux est un enjeu de taille. N’oublions pas qu’aux Etats-Unis les suspects « sont présumés innocents jusqu’à preuve du contraire »

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