Google en veut + ! | Point de vue d’un référenceur

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Google PandaNouveau look ! Nouveau filtre ! Plus social ! Plus polémique ! Deux semaines après son lancement, Google+, le nouveau réseau social du moteur de recherche le plus utilisé au monde, totalise déjà plus de 10 millions de membres. Google Panda et Google+ change la donne en termes de visibilité sur Internet. Alors, Google : toujours plus haut ? Toujours plus fort ? Richard Amis, directeur du service référencement chez Activis, agence de référencement implantée en Alsace et ailleurs en Europe, nous donne son point de vue sur les récentes évolutions du moteur de recherche qui représente aujourd’hui plus de 90 % des recherches en France.

Depuis le début de l’année, Google fait trembler le Web avec son Panda, un filtre qui modifie le classement dans les résultats de recherche d’un certain nombre de sites. La version française est annoncée pour cet été. Depuis juin, plusieurs sources en France ont noté des changements importants dans le trafic en provenance de Google. Cependant, Google Panda n’est pas encore officiellement déployé en France. Alors, le Panda officieusement en France ou pas encore ?

RA : « Le Panda n’avance pas bien vite et je peux vous confirmer qu’il n’est pas encore arrivé en France. Par contre, au mois de juin nous avons constaté une mise à jour des Page Ranks chez Google ce qui a pu donner lieu à des mouvements dans les SERPs (résultats de recherche, ndlr). »

Qu’implique l’évolution de Google pour une société de référencement telle qu’Activis ?

RA : « Il est clair que nous regardons de très près le fonctionnement de Google et que nous guettons le moindre mouvement de notre moteur de recherche fétiche. Il est primordial pour nous de comprendre les conséquences que ces évolutions peuvent avoir pour les sites de nos clients et de réagir en temps utile pour protéger nos positionnements et augmenter le trafic qu’ils génèrent. »

Dans les pays anglophones où Panda est déjà là, le filtre a provoqué une baisse notable du trafic sur des sites dupliquant du contenu comme des comparateurs de prix et des moteurs de recherche spécialisés. À l’opposé, des sites déjà à forte notoriété ont fait un bond en avant, notamment des sites appartenant à Google comme Blogspot et YouTube.
Des concurrents accusent Google de favoriser ses propres services dans les résultats de recherche. Des enquêtes antitrust aux États-Unis et auprès de la Commission européenne ont d’ailleurs été lancées. Face à ces éléments, est-il encore possible de croire à la neutralité des résultats de recherche sur Google ?

RA : « La question de la neutralité se pose souvent, notamment autour de l’idée que Google pourrait favoriser les résultats naturels d’annonceurs qui dépensent des sommes conséquentes dans les annonces AdWords. Avec l’acquisition des plateformes que vous citez par le moteur de Mountain View et les enquêtes en cours, la question n’a pas fini d’être posée. On sait que la réponse officielle de Google est de dire qu’il y a des murs infranchissables entre les activités et que les résultats de recherche organiques sont générés par des calculs algorithmiques sans aucune intervention humaine dans l’unique but de garantir la qualité de l’expérience utilisateur.

Personnellement, sans être naïf, je me dis que la poule aux œufs d’or qui a permis aux fondateurs de Google de s’acheter des avions et des aéroports pour les garer, c’est la page de résultats de leur moteur de recherche et les liens sponsorisés qu’ils y vendent. Ils n’ont aucun intérêt à biaiser avec ces résultats car ce serait courir le risque que les internautes aillent voir ailleurs. »

Après avoir lancé l’an passé Google Buzz (un réseau social qui s’intégrait à la messagerie e-mail du groupe) avec un succès mitigé, Google a récidivé en lançant le mois dernier Google+ et le bouton +1. Le principe est le même que pour les autres réseaux sociaux. La différence est qu’ici l’utilisation de ce bouton impactera dans les résultats de recherche. L’étude SEOmoz souligne également l’importance des liens faits sur les réseaux sociaux pour l’optimisation du référencement. Être visible de nos jours, est-ce nécessairement être googlelisé et socialisé ?

RA : « Être « googlelisé », comme vous le dites, est effectivement très important quelle que soit l’activité d’une société. De nos jours lorsqu’on cherche un dentiste, une voiture, un plombier, un appareil photo…, on cherche d’abord sur Google – même si l’achat ou la prestation sera effectué hors-ligne. Concernant les réseaux sociaux, il est indispensable de se poser des objectifs précis et une stratégie. Que voulons-nous faire sur les réseaux, pourquoi souhaitons-nous-y être ? Quelle complémentarité avec notre site ? Comment allons-nous utiliser le côté bidirectionnel, viral et Web 2.0 des réseaux ? Si on n’a pas de réponse pertinente à ces questions, il faut se demander si une présence sur les réseaux sociaux est judicieuse. Être présent pour être présent est risqué en termes d’image et les internautes s’en rendront compte. »

Que pensez-vous du design quelque peu « modernisé » de Google apparu il y a quelques jours ?

RA : « J’aime bien. Le fait d’avoir quelque peu « caché » les liens vers les autres services me rappelle un peu les débuts lorsque la page était encore plus épurée. Et même si vous n’avez pas posé la question, je dois vous dire que je suis fan des Doodles (logos modifiés de Google, ndlr) et assez impressionné par certains des derniers exemples. »

Comment voyez-vous l’évolution du métier de référenceur dans les années à venir ?

RA : « De plus en plus compliqué, de plus en plus difficile. Algorithmiquement, les moteurs ne cessent d’évoluer. L’exemple de Panda (un filtre à proprement parler, et non pas un changement d’algorithme pour les puristes) en est l’exemple. Le référenceur est obligé de suivre de près les évolutions toujours plus nombreuses des moteurs afin de conseiller ses clients en temps utiles par rapport aux bonnes pratiques à mettre en œuvre et aux pratiques à éviter. Plus difficile car nous jouons sur une scène où il y a de plus en plus d’acteurs, de plus en plus de concurrence. Quand il y avait dix sites se battant pour être bien positionné sur un mot clé donné, tout le monde pouvait être en première page. Dès lors qu’il y en a une centaine, ça commence à devenir un peu plus ardu ! Mais, pour les fanas du Web que nous sommes, ça va continuer à être un métier tout à fait passionnant ! »

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1 réponse

  1. Google Panda a finalement été étendu au-delà des pays anglophones le 12 août.

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