Vers une clé USB d’identité en France ?

IDéNum, c’est le nom de ce projet qui dès 2011 réconciliera vos multiples identités web.

Porté par la désormais célèbre Nathalie Kosciusko Morizet, ce dispositif unique en son genre s’inscrit dans la lignée de la sécurisation des données à la Française, dans les pas de la puce électronique. En effet, il s’agit en réalité d’un nouveau dispositif matériel qui vous permettra demain d’accéder à vos comptes utilisateurs en un clin d’œil, sans avoir à vous soucier de l’éternel problème des mots de passes multiples.

Si l’on connaissait déjà des dispositifs virtuels qui permettent de nous faciliter la vie tels qu’OpenID, qui regroupe une vingtaine de comptes différents en une identité unique, la France a choisit d’opter pour un support matériel.

Quels sont les atouts d’une telle solution ?

Pratique : Si l’Union Européenne a effacé ses barrières physiques, on se rend compte que les réelles frontières se sont déplacées vers Internet, les sites web devenant des douanes à proprement parler, où notre identité est constamment demandée. Alors, entre les mots de passes personnalisés et ceux qui nous sont attribués automatiquement par un site web, les pertes et les oublis se multiplient avec nos identités numériques. Avec IDéNum, nous n’aurons plus à fouiller nos documents, à nous réinscrire, ou à redemander nos mots de passe et identifiants par e-mail, nous aurons un « passeport » qui permettra de franchir rapidement ces obstacles du net.

Une ouverture vers l’e-administration : IDéNum ne se limite pas simplement à quelques sites en vogue comme le fait OpenID. S’il rassemble déjà pour le moment une vingtaine de partenaires tels qu’SFR, Ebay ou Priceminister, le dispositif à également pour vocation d’incorporer les services d’e-administration de l’Etat, de même que la Poste, et à terme, les banques, assurances et services financiers.

Une sécurité renforcée : Appuyé sur un certificat virtuel faisant état du nom et prénom de l’utilisateur, IDéNum se complète d’un système de code PIN unique. Avec ce support matériel, les risques de piratages s’en trouvent résolument réduits, là où une solution virtuelle reste relativement vulnérable. Demeure cependant le problème de la perte de cet objet, mais pas de panique, puisqu’à l’image d’une carte bleue, il pourra être mis en opposition.

Les points faibles à suivre :

Le coût : Là où OpenID offre des prestations gratuites, il est fort probable qu’IDéNum soit payant, pour une raison évidente : le coût du matériel qui s’ajoute au coût de la technologie logicielle. Cependant, si ce dispositif s’inscrit bel et bien dans la logique de la carte à puce pratique, on peut supposer que le coût pour le grand public devrait être moindre.

Le financement : Si l’initiative est bien publique, le financement risque cependant de ne pas l’être à 100%. Il est évident que le secteur privé prendra part à cet effort, dans la mesure où ils bénéficieront directement de cette sécurisation qui ne manquera pas d’attirer une nouvelle clientèle réticente aux achats sur le net. La question sera alors de savoir si la participation du secteur privé à un projet ayant trait à un sujet aussi important que l’identité sera bien accueillie en France.

L’absence des réseautages sociaux : Facebook et Twitter ne participent pas à l’heure actuelle à ce projet, mais les choses ont encore le temps d’évoluer, NKM ne souhaitant pas fermer sa porte à d’autres partenaires.

Une perte de confidentialité : Avec l’utilisation de ce dispositif, on peut supposer la fin de l’ère des pseudos et donc, d’une forme de vie privée : tout compte virtuel sera relié à votre identité réelle. Ce constat nécessite cependant qu’on y apporte quelques bémols. Tout d’abord, il est évident qu’IDéNum ne sera pas obligatoire, et surtout, vous serez libres d’associer ou non tel ou tel site avec votre carte d’identité numérique. Deuxième point important : IDéNum permettra de communiquer positivement sur la sécurisation d’un internet parfois tant décrié, en favorisant l’accalmie de la psychose liée à l’anonymat sur la toile.

Après les revisites du passeport, de la carte vitale et de la carte étudiante, et quelques jours après l’annonce de la découverte d’une faille dans nos célèbres cartes à puce, IDéNum marque une nouvelle étape importante dans le chantier français pour la modernisation des supports identitaires. Ainsi, numérisation, rationalisation et sécurisation semblent plus que jamais être les nouveaux mots d’ordres dans le domaine de la gestion de l’identité en France.

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